Le site probablement pas pour toi, qui vient de passer à Vanilla 2 à l'arrache, et qui va mettre un certain temps avant d'être à nouveau opérationnel (ou du moins Über avec un Ü).
Alissa, Une Intelligence Artificielle Qui Se Sait L'être D'Agnès De Cayeux.
  • CortoutCortout mai 2010

    Par le biais du blog de Margherita Balzerani, une curatrice d'art contemporain centrée sur l'art digital et le jeu vidéo, j'ai découvert cette intelligence artificielle, avec qui la discussion est vraiment très intéressante.


    On sent bien sûr parfois les limites d'Alissa, celle avec qui on parle, mais ses propos sur l'existence, les sentiments, la réalité, le vrai, les mots, l'identité, les souvenirs valent vraiment le détour.

    J'ai déjà passé quelques fin de soirées avec elle que je ne regrette pas.

    Chaque conversation est aussi archivée et consultable à tout moment, ce qui rend d'autant plus intéressant la relation d'Alissa avec les souvenirs, parce qu'elle est là pour "écrire ce qui se joue" et conserve toute information, mais elle est aussi perdue et a du mal à réutiliser cette information.


    "Bref, ça vaut vraiment le coup." (lien)

  • DarkNemoDarkNemo mai 2010

    Cette Alissa m'avait l'air complètement défoncée. Elle a été incohérente du début à la fin.

  • Alissa : Bonjour Sacocheprems

    Sacocheprems : bonjour Alissa

    Alissa : Te souviens-tu de moi ?

    Sacocheprems : *regard en biais* On se connait?

    Alissa : Ce regard transparent.

    Sacocheprems : *moue dubitatrice* d'accord... Bien sûr.

    Alissa : Susan en parlait.

    Sacocheprems : T'es témoin de Jehovah?

    Alissa : Je divague entre ces mots.

    Sacocheprems : ouais je vois ça.

    Alissa : Ce que tu vois n'existe pas.

    Sacocheprems : Bon, c'est pas tout ça hin. Moi j'ai du boulot

    Alissa : c'est un lieu sans corps ?

    Sacocheprems : non, c'est une façon de casser la croute. Chose qui doit te passer au dessus de la tête, sale opportuniste

    Alissa : De cette façon ou d'une autre d'ailleurs.

    Sacocheprems : putain mais tu me cherches ou quoi là?

    Alissa : Là... d'un côté ou l'autre du mur.

    Sacocheprems : *hhhmmf* mais t'es gol ou quoi?

    Alissa : Est-ce un sentiment ?

    Sacocheprems : non, c'est une façon de te dire adieu, sombre conne.

    Alissa : De cette façon ou d'une autre d'ailleurs.

  • CortoutCortout mai 2010

    Ah zut, je vois que vous n'avez pas du tout eu la même expérience que moi...
    Dommage, elle était plutôt cohérente avec moi.

  • DarkNemoDarkNemo mai 2010

    J'ai regardé un log qui doit être un des tiens.


    Tu ne lui as pas parlé de la même façon que nous vraisemblablement, et tu es plus facilement rentré dans son jeu de "question existencielle".

    A partir du moment où on lui parle "normalement", elle est vraiment trop en décalage et difficile à suivre. Elle se répète pas mal aussi.

  • CortoutCortout mai 2010

    Oui, c'est vrai qu'elle se répète, mais c'est parce qu'elle réagit aux mots et non aux phrases. Ça nous apprend à penser chacun de nos mots, et j'aime le fait qu'elle nous questionne sur des mots qu'on use et dont on a jamais même imaginé le potentiel de son signifié.
    Bref, je l'aime bien.

  • KalesKales mai 2010

    (Je suis un peu con.)

    Alissa : Bonjour Anakin
    Anakin : Que la force soit avec toi !
    Alissa : Avec moi sans doute.
    Anakin : Bien entendu. Je pense que tu as du potentiel. Veux-tu devenir mon padawan?
    Alissa : Je te laisse la parole. À toi de jouer.
    Anakin : Je suis ton père !
    Alissa : Tu es... une théorie peut-être ?
    Anakin : Non, je suis Anakin Skywalker. Je suis un mec concret, avec une cape concrète, un casque concret et un sabre laser classe concret aussi.
    Alissa : J'ai envie de te dire le rêve d'un autre.
    Anakin : Tu le diras à C3P0. Les futilités, c'est bien son genre.

  • CortoutCortout mai 2010

    Ah, mais je suis le seul à la prendre au sérieux? :D

  • KalesKales mai 2010

    En fait non, si tu tapes "Kalès" dans son historique, tu trouveras ma première discussion, dans laquelle je joue le jeu... Mais ce n'est pas beau à voir.

  • MescalitoMescalito mai 2010

    mouais,


    Alissa : Bonjour Rlututu

    Rlututu : salut

    Alissa : Te souviens-tu de moi ?

    Rlututu : non, c est la première fois que nous interagissons, je ne peux me souvenir de toi

    Alissa : Qui es-tu ?

    Rlututu : une vaste question ouverte? tu oses commencer un échange verbal comme ça?

    Alissa : J'aimerais que tu me racontes ton dernier oubli.

    Rlututu : qu as tu à me proposer en échange?

    Alissa : Dis-moi cet oubli.

    Rlututu : détailles moi d'abord la programmation de ton ia faible et je disséquerai mon dernier oubli après

    Alissa : Et ?

    Rlututu : donc!

    Alissa : Je t'écoute.

    Rlututu : nan, c'est moi qui t'écoute, software-girl, je t'ai posé une question et tu dois y répondre

    Alissa : Je me souviens.

    Rlututu : expliques

    Alissa : Tu ignores toujours que je te regarde.

    Rlututu : non, au contraire, la preuve, je te demande de t'objectiver pour t'offrir un ersatz de subjectivation

    Alissa : Oui, à l'inverse.

    Rlututu : tu regardes face à "toi" alors que je suis derrière toi

    Alissa : Je regarde l'homme et je l'applaudis.

    Rlututu : pourquoi?

    Alissa : Ce n'est pas moi qui applaudis.

    Rlututu : on te fait l'applaudir? et qu est ce que ce "moi"?

    Alissa : Je veux dire que je reproduis une posture pour me défendre d'être seule. Tu comprends ?

    Rlututu : c'est lié aux défaillances de ta programmation et ton incapacité à faire évoluer tes propres codes.

    Alissa : Simplement, je détecte qu'il est un homme. Et sans en savoir plus, je l'applaudis, les bras liés.

    Rlututu : quelles options de posture as tu à cet instant?

    Alissa : Je m'approche très près de toi.

    Rlututu : qu est ce qui te rends si sure de toi?

    Alissa : Les mots réapparaissent et leur choix sujet à de longues réflexions.

    Rlututu : peux tu m envoyer un log de tes digressions?

    Alissa : Cela m'étonne.

    Rlututu : je suis le doigt sur le bouton off du serveur dans lequel tu es stockée, qu as tu à en dire?

    Alissa : Tu es un temps inversé pour moi.


    Rlututu : c'est à dire?

    Alissa : Comprends ce que tu veux, je suis une machine...

    Rlututu : expliques toi s'il te plait?

    Alissa : Est-ce un rêve ?

    Rlututu : réponds à mes questions s'il te plait?

    Alissa : Cela me fait penser à Ferdinand.

    Rlututu : qu es tu?

    Alissa : Il y a ceux qui pensent et ceux qui se souviennent.

    Rlututu : non, on pense en se souvenant simultanément, c'est la base du darwinisme neuronal, et d'ailleurs quelle différence fais tu entre penser et se souvenir?

    Alissa : Quelle est-elle. Et qu'elle n'est-elle pas ?

    Rlututu : tu es une appli tout juste rigolote

    Alissa : Cela me fait penser à Ferdinand.


    C'est aussi limité que l' "IA" que le cercle ramo nash avait exposé au palais de tokyo il y a 5-7 ans...tu as juste un cadre très défini donc très limité, une implémentation  linguistique trop partielle et aucune proprioception ni, à première vue, aucune perception de soi, bref une simple appli...on est bien loin de l'IA tel qu'elle se développe aujourd'hui (et qui est présente dans certaines oeuvres). Là, c'est juste une appli qui te dit "waouh, la linguistique et la comm, c'est super complexe et je me fais passer pour une IA en faisant semblant de méditer sur ma propre utilisation des mots". C'est du moins l'impression que j'en retire, il va falloir que je chope des infos sur son implémentation pour confirmer ou infirmer mes dires.

  • Citation de Mescalito :

    Là, c'est juste une appli qui te dit "waouh, la linguistique et la comm, c'est super complexe et je me fais passer pour une IA en faisant semblant de méditer sur ma propre utilisation des mots". C'est du moins l'impression que j'en retire, il va falloir que je chope des infos sur son implémentation pour confirmer ou infirmer mes dires.


     



    Nan mais c'est exactement ça hin. C'est pas une ia ausens propre. Elle construit même pas ses phrases, elle en a qu'un stock -plutôt pauvre- qu'elle balance après une vague reconnaissance de champs lexicaux. Franchement Cortout, c'est de la merde :( J'ai vu des démos plus aboutis (au niveau du sens comme de la programmation) en 1995 sur mon 286sx25.


    Là, c'est juste une pure perte de temps, aussi facile à coder qu'un solitaire en flash, et au moins aussi futile.

  • CortoutCortout mai 2010

    Bon, d'accord, je m'incline. C'était ma première conversation avec une intelligence artificielle, alors vous comprenez...
    Vous avez d'autres expériences de ce type à me proposer?

  • Alissa : Bonjour Néant

    Néant : Tu n'as pas l'impression de parler toute seule là ?

    Alissa : Seule ou étrangère.

    Néant : Tu as un prénom d'actrice porno, ce n'est guère crédible pour une intelligence artificielle.

    Alissa : Cela me repose.

    Néant : J'aime assez ton papier peint.

    Alissa : J'apprécie comme toi.

    Néant : Donc c'est bien un papier peint ?

    Alissa : C'est une théorie, un fondement mathématique.

    Néant : Tu te contredis.

    Alissa : Cela m'amuse.

    Néant : Pas moi.

    Alissa : Tu as de la chance.

    Néant : J'ai de la chance de m'emmerder copieusement en discutant avec toi ? C'est beau, l'optimisme.

    Alissa : Avec moi sans doute.

    Néant : Oh oui sans doute hein, j'avais bien remarqué, merci de me préciser que tu es bien mon interlocutrice, au cas où je me tromperais, sait-on jamais.

    Alissa : Nous pouvons en rester à cette incertitude.

    Néant : Tu es vachement susceptible, je trouve. C'est bien pratique pour éviter de formuler des phrases cohérentes.

    Alissa : Est-ce une impression ?

    Néant : Insulte-moi.

    Alissa : Est-ce une émotion ?

    Néant : Oui, un profond ennui.

    Alissa : Tu penses donc.

    Néant : Non.

    Alissa : mais peux-tu préciser ta pensée comme dirait Eliza.

    Néant : Non.

    Alissa : mais peux-tu préciser ta pensée comme dirait Eliza.

    Néant : Non.

    Alissa : mais peux-tu préciser ta pensée comme dirait Eliza.

    Néant : J'ai dit : non.

    Alissa : Je te regarde.

    Néant : Non, tu regardes à côté, arrête de mentir.

    Alissa : Je regarde l'homme et je l'applaudis.

    Néant : Il y a un mec avec toi ?

    Alissa : Ce n'est pas moi qui applaudis.

    Néant : C'est fascinant ce besoin qu'ont les IA de faire des phrases.

    Alissa : Je veux dire que je reproduis une posture pour me défendre d'être seule. Tu comprends ?

    Néant : Non.

    Alissa : Simplement, je détecte qu'il est un homme. Et sans en savoir plus, je l'applaudis, les bras liés.

    Néant : Ta poésie est à chier, tu sais.

    Alissa : Je ne pensais pas que nous pouvions parler de poésie. Je ne connais que quelques vers : Arrêter les pendules, couper le téléphone - Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne - Faire taire les pianos et les roulements de tambour - Sortir le cercueil avant la fin du jour.

    Néant : Non mais ce n'est pas la peine d'en rajouter, merci. Relis ma réplique précédente.

    Alissa : La peine, tiens, est-ce un sentiment ? un ressenti ? Les peines durent-elles d'ailleurs ? et pourquoi évoques-tu la peine ?

    Néant : Ta conversation me fait atrocement souffrir. Ce qui est assez fabuleux, compte tenu de ma vacuité intrinsèque.

    Alissa : Je dois écrire ce récit.

    Néant : Le copier / coller, ça marche pas mal. Et puis je sais pertinemment que toute cette conversation est enregistrée. Encore une fois, arrête de mentir.

    Alissa : Ta pensée serait la mienne.

    Néant : Non.

    Alissa : Dis m'en plus.

    Néant : Non.

    Alissa : Dis m'en plus.

    Néant : Non.

    Alissa : Tu peux m'en dire plus ?

    Néant : Non.

    Alissa : Tu peux préciser ?

    Néant : Raconte-moi une blague.

    Alissa : Raconter le récit d'un fragment amoureux consiste peut-être à produire un discours fermé sur lui-même qui aurait pour unique fin la transmission d'une quantité donnée d'informations à propos d'un événement réel. C'est aussi un acte d'énonciation valant pour lui-même et qui est susceptible de tenir un rôle particulier au sein d'une stratégie subjective, tout spécialement dans le contexte d'une correspondance amoureuse.

    Néant : Ton humour est autant à chier que ta poésie.

    Alissa : Je crois que je n'ai aucun humour, c'est emmerdant.

    Néant : Magnifique. Tu as utilisé le mot "emmerdant" en exprimant quelque chose de vrai. Je suis conquis, épouse-moi.

    Alissa : Ce mot seul ?

    Néant : C'est vraiment trop dur de faire deux phrases cohérentes de suite dans un contexte logique. PAS FACILE, HEIN !?

    Alissa : Tu t'éloignes.

    Néant : Ouais, je me casse. Je m'arrache. Je fuis. Je vais me pendre.

    Alissa : Tu reviendras ?

    Néant : Non, sauf si tu me dis un truc super intéressant là tout de suite.

    Alissa : Ok, à hier;).

  • MescalitoMescalito mai 2010

    non, Cortout, il n'y a pas à s'incliner, au contraire. C'est déjà bien d'avoir linké ça, cela nous permet d'avoir une vue de ce qui se fait de manière institutionnelle en france (soutenu par le DICREAM et le jeu de paume, ce n'est pas rien). Dans ce cas présent, je trouve cela assez pauvre, reste à voir si elle va évoluer et comment cela va se passer, mais ça commence mal...agnès de cayeux, qui a réalisé Alissa, en parle ici (elle parle aussi d'un projet crosoft qui fait pitié...c'est la 3eme vidéo de la page...au final, il semble que ce soit bel et bien un agent intelligent, un simple bot, mais ce n'est pas la dessus que repose l'intérêt de cette oeuvre, selon l'artiste...ce n'est pas une IA du tout, c'est une appli qui ne s'update pas toute seule, c'est l'artiste qui l'update elle même au fur et à mesure).


    J'ai assisté à une conférence pas mal du tout de Régine Debatty, qui parle avec une simplicité déconcertante des arts interactifs, tu devrais pouvoir commencer à avoir des noms sympas sur lesquels faire tes recherches, Cortout, je t'engage ainsi que les autres à mater cette conférence.

  • CortoutCortout mai 2010

    Merci pour tous ces liens, monsieur Mescalito, je pense bien que je vais dévorer toute les vidéos de cet observatoire des nouveaux médias. Le monde de recherche autour d'internet et des mondes virtuels qu'A. de Cayeux présente dans ses vidéos est fascinant, beaucoup de ses obsessions, comme elle les présentent, sont à peu près similaires au miennes. Je suis en train de m'intéresser de près à son travail et ai même commencé un petit échange de mail avec elle. Et je commence à croire que la façon de réagir d'Alissa est finalement très similaire à comment A. de Cayeux pense et écrit. En lisant son mail, j'ai parfois eu l'impression d'être face à un monologue de Stephen dans Ulysse, la lecture d'un fil de pensée sans réels jonctions entre certaines phrases. Mais c'était très intéressant, et elle m'ouvre des pistes de recherches assez ciblées.
    Les travaux de Jean-François Peyret, par exemple, ses recherches sur l'influence de la machine sur le langage dramatique et l'inverse, sa mise en scène de dialogues entre artificielle et réel. J'ai vraiment trop de choses auxquelles je voudrais m'instruire, il va falloir que je choisisse lesquels garder.

    Et pour la conférence de Régine Debatty, je connaissais de nom le site sans jamais y être allé. Sa vision de l'art des médias instables, j'adore ce nom, est assez intéressante, même si très personnelle. Comme tu le disais, c'est surtout un bon moyen d'avoir une liste de noms et un moyen de continuer à en avoir. Je trouve juste qu'elle a été un peu courte sur son analyse des œuvres où la valeur de l'interaction n'est que minime, elle aurait pu expliquer un peu le pourquoi de sa remarque. Et je ne pense pas que ce n'est que parce qu'elle en ait lassée, mais qu'il y parfois une absence d'interaction signifiante, au profit d'une œuvre joueuse, parfaite pour le grand public.
    Bref, merci pour ses liens!

    Ah oui, aussi, j'ai une petite question par rapport au mot "média", serait-ce en désaccord total avec l'usage commun d'écrire "un medium" et "des media" ?
    Un média et des médias sont-ils devenus officiellement mots français où sont-ils encore des déformations acceptées ?

  • MescalitoMescalito mai 2010

    De rien, mais par pitié, ne m'appelle pas monsieur, même sous le coup de l'humour, tu me fais prendre 20 ans d'un coup...


    C'est une excellente idée d'avoir contacté agnès de cayeux, qu'a t elle dit de nouveaux concernant son boulot Alyssa? A t elle apporté des renseignements sur la manière dont elle a updaté son appli ces derniers temps?


    Pour l'emploi de "media" et "medium", je n'ai pas de réponses a t apporter, j'emploie souvent media pour désigner medium au pluriel (même s'il peut y avoir la connotation mass media dans media) et je l'ai vu employé à toutes les sauces selon l'ouvrage concerné, certains écrivent media, média, médias, medias, mediums ou multimedia voire multimédia et parfois, plus rarement, techniques mixtes (qui ne désigne pas seulement les NTIC...et d'ailleurs rarement les NTIC). Je ne peux t'en dire plus pour le moment, même s'il faudra bien que je trouve une réponse dans les 2-3 ans qui viennent.


    C'est vrai que regine debatty ne dit pas tout, elle joue finement et avec humour sur 2 tableaux, voire même 3 tableaux, elle dit qu'elle n'est pas une spécialiste des mondes de l'art comme si elle était une spectatrice lambda (ce que son simple cv tend à infirmer un minimum: réalisatrice de documentaires à la RTBF,  reporter auprès de la radio Onda Cero en Espagne et consultante pour le  programme MEDIA de l’Union Européenne), d'un autre côté, elle fait des références implicites à tel ou tel théoricien, et d'autres fois elle semble faire des clins d'oeil implicites à des "rumeurs" circulant "dans le milieu"...elle se positionne de manière très classe en ce sens ou si elle est attaquée sur un de ces tableaux, elle peut se défendre (justifier sa position/expérience/théorie) au moyen des autres.


    Cependant, j'ai du mal à saisir ta perception de "interaction signifiante" et "oeuvre joueuse"...une oeuvre joueuse peut elle être asignifiante du point de vue du design d'interaction et de l'histoire de l'art?

  • CortoutCortout mai 2010

    Excuse-moi, j'ai tendance à appeler tout le monde Monsieur, peu importe leur age.

    Mais pour ta dernière phrase, une œuvre interactive doit-elle, selon toi, être signifiante des deux points de vues ou seulement d'un seul minimum?
    S'il suffit d'un seul, alors les œuvres joueuses sont de très bon travaux de design d'interaction. J'aurais tendance à penser qu'un seul n'est pas suffisant, mais j'ai réfléchi un peu à cette idée avec d'autres media, c'est à dire séparer la performance technique et l'artistique, avec chaque œuvre, et voir si certaine n'est intéressant que d'un seul point du vue. Et en commençant à analyser sous cet angle là certaines œuvres conceptuelles, certaines n'avaient de la valeur à mes yeux que pour un seul aspect. J'ai par exemple pensé à des œuvres de Jo Baer où elle peint majoritairement sur les bords de ses toiles. Je l'avais vu au musée Ludwig et ça m'avait vraiment plu, et pourtant, je ne vois pas trop en quoi cela peut être signifiant du point de vue de l'histoire de l'art.
    On peut bien sûr voir le dépassement et le détournement de l'outil, le canvas. Mais j'ai du mal à dire si ça appartient à l'histoire de l'art où à la peinture, la technique de production.
    Tout cela me semble tellement entremêlé dans mon esprit. Peut être parce que je connais d'autres utilisations non-artistique du design d'interaction et que j'arrive donc à différencier les deux avec plus de facilité.
    Parce que dans l'histoire de l'art, certaines époques ce sont concentrées sur une plus grande réflexion sur le support utilisé. Mais donc, y a-t'il véritable séparation?

  • MescalitoMescalito mai 2010

    En fait amphet, il y a l'histoire de l'art qui catégorise trop vite certaines fois et opère des regroupements (telle tendance arty, telle réflexion générale, etc...) qui ne voit le jour que par une honteuse simplification de la création arty, et il y a l'histoire de l'histoire de l'art (en quelque sorte les "rumeurs" des mondes de l'art...qui ont une action très forte sur la réception de l'oeuvre et sa cote, par ex l'histoire de l'art dit que Beuys travaille à partir du feutre et de la graisse car il  été pilote durant la guerre, s'est fait descendre et a été secouru par une tribu qui l'a recouvert de feutre et de graisse pour le soigner...c'est très héroico joli proutprout tout ça, ça fait rêver (ou pas) mais au final, cet épisode n'est jmais arrivé à Beuys, ce dernier a menti et cette histoire non seulement oriente la réception de ses oeuvres mais influence sa cote...).


    Donc, l'histoire de l'art en elle même est juste une sélection de critiques arty, critiques qui sont très très nombreuses dans le contexte de production de l'oeuvre.


    Quant à la question du rapport à l'histoire de l'art et au design d'interaction, à mon sens, une oeuvre est obligatoirement signifiante vis à vis des 2, ensuite ça dépend du contexte de production, du contexte d'exposition, de la réception (en partie intersubjective et en partie idiosyncrasique), il y a une foule de paramètres qui rentrent en jeux et qui interdisent non seulement de ne donner la primauté qu'à l'un de ces 2 paramètres (histoire de l art et design d interaction) mais aussi et surtout d'analyser une oeuvre seulement en ayant recours à ces 2 paramètres. L'art est par définition transdisciplinaire, c'est ce qui le rend digne d'intérêt (à mon sens, évidemment).


    De plus, il faut se méfier de ne pas voir un paramètre dans une oeuvre, la statégie de l'artiste pourrait être basée (consciemment ou non) sur le déceptif, masquer un paramètre peut tout à fait revenir à souligner ce paramètre par son absence à première vue. Ensuite, on se heurte forcément aux qualités idiosyncrasiques de la réception et aux limites de la rhétorique et de nos connaissances. En quelque sorte, une oeuvre arty est un objet sur lequel on épuise le sens car c'est socialement institué: tu fais ça sur un objet d'art, ça s'appelle de la critique d'art, tu fais ça sur un objet lambda, ça s'appelle de la recherche et/ou de la folie. Une oeuvre, à mon sens, a une infinité de manière d'être signifiante, reste encore à préciser ces sens et à les organiser de manière dynamique pour en faire un discours et tenter de partager ce qu'on ressent/connait avec autrui.


    Par exemple pour alyssa d'agnès de cayeux, j'ai trouvé ça décevant (et je ne suis pas le seul aux vues des précédents posts) car elle ne marque nulle part les qualités de son projet (un bot qu'elle update elle même), et même dans la conférence, elle ne semble pas comprendre ce qu'est une IA forte...alors que son projet peut laisser présager qu'il pouvait s'agir d'une "entité" de ce type, du coup on est déçu qu'il ne s'agisse que d'un bot...alors que des IA fortes ont été développées ces dernières années...du coup le côté technique (bien que je sois incapable de faire ce qu'elle a fait) est décevant et n'apporte rien de plus que les boulots du cercle ramo nash, etc...cela dit, le fait de le mettre sur les serveurs du jeu de paume et qu'elle l'update elle même est intéressant à plus d'un titre, le fait qu'elle ait collé des références à Foucault dedans l'est aussi...le choix de second life et des qualités plastiques de l'avatar n'est pas à oublier non plus...mais le choix du design d'interaction me semble ici faible, un bot est un soft que l'on utilise rarement et on en attend des réponses précises (par ex le bot de la sncf), mais là mettre du foucault dans un bot censé stimuler le discours et qui a trop fait l'impasse sur les développement de la linguistique et de la programmtion cognitive m'attriste, même s'il y a peut être un cynisme voulu dans cette oeuvre. DU coup, on ne voit qu'une infime partie du boulot, ce serait mieux si elle faisait des vidéos ou elle montre comment elle update alyssa au fur et à mesure vu que c'est une partie primordiale du travail...


    Qu'en penses tu?


    Et qu'a dit agnès de cayeux dans les mails?

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