Le site probablement pas pour toi, qui vient de passer à Vanilla 2 à l'arrache, et qui va mettre un certain temps avant d'être à nouveau opérationnel (ou du moins Über avec un Ü).
Air Pressure
  • MescalitoMescalito mars 2010

    Je viens de tomber sur ce jeu en matant Newsgrounds: Air Pressure.


    C'est un "visual novel game" de Bento Smile, très low tech, musique 8bit, pas d anim...mais c'est tout simplement beau, on touche au sublime...c'est la première fois qu'un jeu me fait ça.


    C'est peut être parce que j'ai lu une interview de jonathan ott quelques heures avant qui m'a réellement fait plaisir (je vous engage très fortement à la lire jusqu'au bout), du coup je suis dans un état d esprit très positif, je ne sais pas...mais c'est la première fois qu'un jeu me fait ça, pourtant low tech avec un gameplay on ne peut plus rudimentaire, mais la narration et les développement de l'histoire un minimum en fonction de nos choix m'ont semblé fabuleux. Les choix que l'on peut faire pour modifier le déroulement du scénar sont maigres, c'est d'ailleurs ce qui permet de cadrer une atmosphère si particulière, il y a un côté romantique et un jeu sur les réflexes socio cognitifs (qui doivent mieux marcher si on est un mec hétéro ou une lesbienne) qui sont très bien gérés. Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gacher l'expérience de jeu.


    Je vous engage à y jouer et à me donner votre avis (sinon, le malheur s'abattra sur vous, évidemment).


    EDIT: NE LISEZ PAS LES COMMENTAIRES SUR NEWSGROUNDS avant d avoir fait plein de parties, ça gache complètement le plaisir et réduit considérablement la portée du jeu (qui va bien au dela de l'interprètation des commentaires).

  • Je ne dirai rien, sinon ça va spoiler sec, mais je plussoie vertement.

  • Sacoche1erSacoche1er mars 2010

    Ouais, c'est plutôt sympa, et l'auteur a su trouver un certain nombre de métaphores efficaces pour représenter habilement son sujet. Et ce dès les premières phrases ("we met when i was a teenager, she wrapped herself around my left arm") .


    La musique lancinante te plonge dans un état laconique, proche de la mélancolie pour peu que tu sois un peu sensible aux charmes du 8bits, ce qui te rend docile, et apte à te gorger des sentiments qu'espère faire naître l'auteur.

    Mais ca m'a pas transcendé moi ... J'ai trouvé ça "plutôt sympa" comme je le disais ya quelques lignes, et bien enrobé, dans un papier positivement sensitif, mais pas au point de crier au génie et de le trouver "sublime" pour reprendre tes mots.


    PS : Apparement il n'existe que 3 fins. The good, the bad, and the ugly. Sauf que the good et the bad peuvent s'inverser selon les gens et leurs appréciations.


     


     


    ATTENTION SPOIL


    (a priori c'est impossible d'injecter du code html pour se faire un petit style SPOIL, donc attention je balance ça comme ça).


    A propos de l'analogie femme-héroine, bien que super éculée (rien que phonétiquement, les mots sont déjà les mêmes, donc forcément, c'est pas super fin), l'auteur s'en sort super bien, ayant truffé son récit de métaphores et de clins d'oeil bien dissimulé. On se sent choyé en tant qu'acteur, on est mis en confiance. Mais les fins sont plutôt obscures. 

    Je sais pas moi; On dirait que dès qu'on touche au 8bits et au graphismes en centipixels (1px = 1cm) on est obligé de faire des trucs alambiqués avec des conclusions comme dans un livre dont vous êtes le héro. On a pourtant les moyens de faire un peu plus non? Tout en conservant le respect du format.

    J'aurais au moins aimé un déploiement plus important des sentiments/pensées du narrateur dans les scènes de fin. sauf celle de l'overdose, qui en dit juste ce qu'il faut pour être pertinente. Mais les deux autres sont finalement si peu décrites qu'on les croiraient jumelles. Elles sont fades. Et c'est plutôt emmerdant, vu que tout l'intérêt de ce genre d' "expérience" réside dans l'accomplissment.

  • DarkNemoDarkNemo mars 2010

    Je suis passé presque complètement à côté car je n'ai compris de quoi il était finalement question dans le jeu T___T


    Je vais le refaire pour voir.

  • Seagirl mars 2010

    Je suis partagée pour ma part.

    La musique est hypnotique, je l'ai joué trois fois, n'ai vu qu'une "bonne" et une "mauvaise" fin et n'ai pas réussi à trop ressentir les réflexes socio-cognitifs dont tu parles (mais je ne suis ni un mec hétéro, ni une lesbienne, en clair je n'en pince pas plus que ça sur les "pauv'filles perdues").

    Et je n'ai en fait pas compris à la base ce qui se passait avant de lire le spoil (mais je suis une quiche en anglais et donc peu sensible aux métaphores...).

    Donc je retenterai dans quelques jours, avec ce que je sais maintenant, cela m'interpellera différemment je pense.

    Quoi qu'il en soit, merci tout de même.

  • MescalitoMescalito mars 2010

    C'est vraiment un truc qui m'a touché, ce qui est rare...


    mais ça ne m'a touché que lorsque je ne savais pas que l'artiste revendiquait que c'était un pseudo serious game pour parler de la dépendance à l'héro...ça me semblait bien, si ce connard d'artiste de merde avait fermé sa putain de gueule (salaud d'artiste, toujours à détruire ce qu'ils font de bien) et n'avait pas réduit le jeu à cette thématique, il aurait été bien pour une raison très simple: l'ouverture de l'oeuvre (cf umberto eco "l'oeuvre ouverte"), d'ailleurs, je vais reprendre ici une citation qu'il fait de Mallarmé dans son ouvrage pour étayer mon propos: "Nommer un objet, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème, qui est faite du bonheur de deviner peu à peu : le suggérer, voilà le rêve.".


    Son boulot, le choix de la zic, du mode de représentation, des mimiques de Leigh, tout ça était vraiment plurivoque, on pouvait le tirer dans plusieurs directions simultanément (cela pouvait être le fantome d'une amie morte, une pathologie mentale, une illusion, une métaphore de la vision enfantine (perdre ses yeux d'enfants), une addiction, harry potter gay qui aurait changé de sexe et fait beaucoup de chirurgie esthétique, etc...). Même lorsque l'on se réveille à l'hosto la première fois, il est encore possible de penser que notre avatar après avoir fait l'amour à Leigh, a fait une TS pendant la nuit, et pas forcément qu'il a fait une OD (d'ailleurs, je dénonce la démagogie soulignant qu'un fix = une OD, mais bon, passons). Et parce qu'on pouvait le tirer dans plusieurs sens et que tous ces sens collaient bien, nous en tant que joueur pouvions être en décalage avec l'affectif apparent de notre avatar (ce qu'il pense de Leigh), et c'est là que c'était intéressant, à mon avis.


    Sans ce message débile, il n'y avait pas de bonne ou de mauvaise fin, juste des choix à assumer, des questionnements qui restaient ouverts et étaient donc propices à une richesse affective forte attisé par la zic et le reste. On était donc dans du pur poétique.


    A mon sens, le jeu qu'il a fait dépasse de loin le "message" de merde auquel il tente de le réduire et qui fait passer la richesse du relationnel et l'impossibilité de définir un objet au 2nd plan. Ca me donne envie de pleurer...ou de gerber...ou les 2. C'est dans des moments comme ça que je me dis que les marchands d'art puants sortant la blague "vous connaissez le réel problème de l'art? ce sont les artistes...hohoho hihihi" n'ont pas si tort que ça :p


    Sacoche, je suis tout à fait d'accord avec toi pour le chantage affectif du 8bit (qui marche avec moi), mais pas trop sur la notion d'accomplissement dans ce genre de jeu, perso je vois plutôt une envie de rejouer (same player shoot again) pour découvrir tous les déploiements possibles de la narration

  • DarkNemoDarkNemo mars 2010

    Il a quand même le droit de dire ce qu'il a voulu faire. On va pas lui coller un procès parce qu'il a été inspiré pour faire un bon jeu.


    Si le jeu peut être lu différemment de la version officielle, alors il a réussi son coup puisque tu y as vu quelque chose, j'y ai vu quelque chose, et quelqu'un d'autre y verra autre chose. Faut juste pas avoir lu l'interview avant d'y avoir joué, forcément...

  • Sacoche1erSacoche1er mars 2010

    Ouais, bah moi l'interview je l'ai pas lu en fait ... Donc je savais même pas qu'il revendiquait clairement son jeu comme un serious game (et là je m'esclaffe quand même ...).


    Mais j'en reviens à ce que je disais plus haut : Je n'y ai pas vu ce chemin qui t'a mené au Nirvana, cowboy. Et je me demande si ça n'est pas toi qui le créé, ce chemin, avec ton sang de viking. (Autrement dit, chercher l'Art là où il n'est pas revient à consacrer l'oeil de l'artiste et non l'oeuvre qu'il regarde). 

    "Ce n'est ni un objet, ni un ensemble d'objets, ni un geste, ni une intention d'artiste. C'est une phrase dont l'objet est le référent" (Thierry de Duve).


    Bref, moi je ne vois là dedans qu'un petit jeu sympa, une petite expérience vidéoludique souriante, bien loin des prétentions serious gameuses que l'artiste prétend lui avoir donné, mais bien loin aussi de déclencher des explosions de puissance y de volupté dans mes organes, ni même de me donner la trique. Voilà ce que moi, j'en retiens.


     


    Sinon je te rejoins sur l'idée de la relecture du jeu sous un angle différent. Rejouer pour connaître les autres possibilités. Mais au final, ça revient au même que de chercher à connaître les "autres fins". Les deux peuvent se résumer à un soucis de contemplation de l'oeuvre/ du jeu dans sa globalité, non?

  • Moi, je trouve ça beau. C'est dire à quel point mon vécu relationnel est généralement foireux : ça m'a parlé avant que je ne saisisse l'allégorie, que je ne n'aurais d'ailleurs sans doute jamais saisie si je n'avais lu pas les commentaires.

  • BalthazarnBalthazarn mars 2010

    Pas vu l'interview, j'ai cependant lu les quelques commentaires... c'est intéressant mais mieux vaut jouer sans avoir vu ni l'un ni l'autre probablement. Le jeu est tellement libre d'interprétation que lire ce qu'on est sensé y voir gâche un peu l'expérience, et ce d'autant plus que le prendre au sens littéral (être accroc à une relation) marche tout autant que n'importe quelle addiction.

    ...ce qui ne m'a pas empêché d'obtenir la bonne fin tout de suite en envoyer balader la demoiselle, mais vu comment la relation était posée et les sentiments du personnage, j'ai presque agit "automatiquement", ça doit changer selon le ressenti des personnes.

  • MescalitoMescalito mars 2010

    @ sacoche: désolé pour le retard de réponse :p... yup, je suis tout à fait d'accord avec toi sur la question du regard, de la réception esthétique, et justement j'ai cru que l'artiste jouait sur les codes, de manière fine, sur l'horizon d'attente de certains joueurs/publics et par là même sur leur réception pour faire un jeu doté d'une narration se voulant non linéaire, ou au moins pas d'une manière aussi linéaire qu il présente le scénar.


    Du coup, je vois effectivement la projection que j'ai fait sur le jeu mais ce qui est amusant c'est que sans les propos de l'artiste, ma réception "se tenait" (désolé, je ne trouve pas de terme approprié) et du coup se "tient" toujours, c'est juste que le décalage avec l'intention de l'artiste est flagrant et que, à mes yeux (et certainement à ceux d'autres personnes) le jeu vidéo est certainement plus ouvert et intéressant que ne le laisse transparaitre l'artiste. Et effectivement, chercher à voir le jeu dans sa globalité est bel et bien l'enjeu (le chemin étant au moins aussi important que le point d'arrivée).


    Ce qui m'a énervé, c'est le décalage avec l'artiste, le fait qu'il entrevoit 3 fins de manières définies (the good, the bad and the ugly) alors qu'en tant que joueur elles ne sont pas aussi définies, the ugly (l'OD...avant de lire l'interview, je pensais que le perso avait fait une TS après avoir niqué leigh) m'a semblé plus sympa que les autres car l'avatar à l'air mieux dans sa peau..."the bad" est triste sans plus, laconique et dépressive....et "the good" apparait comme l'horreur, le perso est tout seul et tout aussi dépressif devant un appartement vide, quasiment hors du temps (genre il va sauter par la fenêtre le lendemain).  Le choix de la zic me semble sympa car il n'est pas très approprié pour l'héro, du coup ça ouvre d'autre piste (espace, frontières de l'infini).


    Au fond, je suis assez d'accord avec Balthazarn, Dark Nemo et Sacoche.


    Et comme zero, je n'aurais sans doute jamais saisie l'allégorie si je n'avais lu pas les commentaires.


    Puisque c'est ça, je vais relire l'interview de Jonathan Ott pour me remonter le moral.

  • Mescalitoavant de lire l'interview, je pensais que le perso avait fait une TS après avoir niqué leigh

    Pareil. Ce qui du coup avait quelque chose d'étrangement dérangeant, car à la fois logique et irrationnel. Ceci dit, avec ou sans allégorie, ça revient finalement au même, d'un point de vue narratif. Dans les deux cas, il y a eu abandon et abus ; ce qu'on en retire va dans la même direction.

  • MescalitoMescalito mars 2010

    mmm...je ne trouve pas que ce qu'on en retire va dans la même direction, dans un cas on est dans l'indétermination, et dans l'autre, dans un cadre très défini, ce n'est pas comparable...comme je l'ai souligné précédemment, les question d'oeuvre ouverte (construite intentionellement dans une volonté plus ou moins maitrisée d'ouverture) et d'horizons d'attente (qui dans le cas du lien à l'héro est très autoritaire dans sa direction, cad dans le filtre perceptif qu'elle greffe au joueur) semblent déterminantes dans l'expérience que l'on fait d'une oeuvre. J'ai donc du mal à comprendre comment tu fais pour mettre les 2 expériences au même niveau...dans un cas l'abandon et l'abus sont polysémiques et pseudo poétiques, de l'autre on est dans une vision rythmée par des métaphores et des allusions linéaires et déterminées...l'une n'est pas forcément mieux que l'autre, chacun ses gouts, mais les 2 sont vraiment différentes.

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