Le site probablement pas pour toi, qui vient de passer à Vanilla 2 à l'arrache, et qui va mettre un certain temps avant d'être à nouveau opérationnel (ou du moins Über avec un Ü).
Solium Infernum
  • EnsembleVideEnsembleVide décembre 2009


    Je ne saurais trop recommander aux amateurs de stratégie de se jeter sur Solium Infernum, un indie game au tour par tour d'une rare intelligence, au design aussi brutal que subtil, et qui mériterait un article complet si j'avais $30 à mettre dans la version complète là tout de suite.


    Les gens de chez Cryptic Comet ont une philosophie qui résume fort bien leur jeu :


    Cryptic Comet is an independent game company dedicated to correcting the proposition that there simply aren’t enough good computer turn based strategy games being made anymore.

    Comme son nom l'indique, Solium Infernum se passe en Enfer. Le maître des lieux ayant déserté, vous vous retrouvez dans la peau d'un archidémon assoiffé de pouvoir, désireux comme il se doit de s'accaparer le trône vacant. J'aime ce jeu parce qu'il est sans concession. Epuré à l'extrème, il propose cependant un gameplay d'une richesse hallucinante, le moindre de vos choix ayant d'énormes conséquences sur le déroulement de la partie.


    Ici, pas question de grosbillisme ni de multitudes de légions infernales bardées d'artefacts et de sortilèges surpuissants. Vous pouvez certes jouer une brute épaisse et vindicative, mais ce sera au détriment des sombres intrigues buraucratiques des Enfers, tout comme oeuvrer sournoisement dans l'ombre fera de vous un manipulateur tout à fait machiavélique, mais susceptible de se faire écraser d'un doigt par un voisin moins subtil.


    Solium Infernum se présente sous la forme d'un jeu de plateau d'apparence minimaliste, mais à l'ambiance très immersive. Certes, il n'y a pas d'animation, ni d'effets next gen. C'est de la bonne vieille 2D des familles, où simplicité à la limite du pixel art et Bosch se mêlent allègrement, dans une beauté sobre et glaciale, le tout rehaussé par du vieux drone à roulement de tambours infernaux.


    N'espérez pas vous éclater en trois clics, il vous faudra mettre le nez dans le manuel pour saisir toute la puissance de la bête. On est bien loin du casual game : ici on parle aux fans hardcore du triturage de neurones, à ceux qui passent des nuits blanches sur Heroes of Might & Magic, Civilization, ou aux échecs. Mais l'effort en vaut la peine. De la création de votre avatar aux infinies possibilités offertes par le système d'ordres en passant par les infâmes méandres diplomatiques du protocole infernal, vous jouirez sans nul doute de votre rang démoniaque si vous prenez la peine de saisir les mécanismes vicieux de Solium Infernum.


    Avant toute chose, jetez un oeil à cet excellent didactiel :


    Solium Infernum Tutorial 1













    Si l'aventure vous tente, vous trouverez la démo téléchargeable ici. Moi, j'y retourne...

  • BalthazarnBalthazarn décembre 2009

    Ha c'est donc ça. C'est vrai que graphiquement il fait old school mais c'est loin de me déranger, je jetterais donc un œil (au manuel en premier donc, si j'en crois tes dires). Connaissant ma subtilité en stratégie il va falloir que je me plante une fois ou deux avant de bien comprendre/réussir quelque chose de potable. Le peu de texte que je vois me plaît pas mal, ça me rappelle Dungeon Keeper (en plus complexe visiblement).

  • EnsembleVideEnsembleVide décembre 2009

    J'ai finalement trouvé $30 à mettre dedans... Autant dire que la démo est sympathique, mais que le jeu complet est vertigineux. S'il y a des gens assez Über pour l'acheter, faites-moi signe pour qu'on tente du multijoueur. A titre comparatif, vu le machiavélisme des parties en solo, je pense que les désirs de meurtre générés par le multijoueur sont largement au-dessus de ceux d'une partie de Diplomacy sur table, ce qui, les connaisseurs en conviendront, n'est pas peu dire.


    Quand j'y réfléchi, le dernier jeu que j'ai acheté sur PC avant Solium Infernum, c'était Civilization 4 Complete, et l'avant dernier, c'était DEFCON. Je ne suis pas très casual.


     

  • KalesKales décembre 2009

    Come on... Civ EST casual, en un sens, puisque le II est le premier jeu auquel j'aie joué de ma vie. La série est géniale dans le sens où elle autorise plusieurs approches. Quand tu commences à 8 ans, par exemple, tu as plutôt tendance à vouloir massacrer tout le monde (sans nécessairement tout comprendre) avant le XVème siècle. Puis tu grandis, et étrangement, tu adoptes des méthodes plus subtiles, plus pacifiques...

    Par contre je dois avouer que les parties via e-mail ne m'ont jamais tenté plus que ça. Et que je ne joue toujours pas dans les deux derniers modes de difficulté, vu la frustration qu'ils peuvent engendrer après s'être habitué à une grande abondance de terres et à une vague connerie ambiante du côté des adversaires non humains...

  • EnsembleVideEnsembleVide décembre 2009

    Civilization, casual ? Le casual game, c'est par définition le genre de jeu auquel on joue un quart d'heure à la pause café, d'une seule main, sans lire le mode d'emploi ni aucune aide de jeu (vu qu'il n'existe justement ni mode d'emploi ni aide de jeu). C'est le genre de jeu visant globalement les femmes de plus de trente-cinq ans, téléchargeable en série via l'installateur d'un grand portail du genre de Big Fish ou de Oberon, en démo pendant une moyenne d'une heure, après quoi on doit l'acheter pour une somme variable, allant généralement jusquà $20, le plus souvent couplé avec des offres d'abonnement proposant des réductions le cas échéant.


    Le casual game emploie par essence un gameplay le plus simple et le plus efficace possible, dont l'objectif est avant tout de se détendre dès les premières minutes, dont les plus gros succès sont les action puzzles, les jeux d'objets cachés et autres variations sur les sept différences, et les time managements du genre de Diner Dash. Le casual game est avant tout familial, non-violent, apolitique, et demande un investissement minimal de la part du joueur, en termes de temps et d'appréhension des mécanismes. Dire que Civilization est casual, c'est dire que les Sims visent un public de hardcore gamers, ou que les Lapins Crétins réclament une intense réflexion et des compétences de grand stratège.


    J'aimerais bien que Civilization soit casual, ça voudrait dire que la majorité des joueurs saurait lire, voire aimerait ça, et même s'intéresserait à des domaines tels que l'histoire, les cultures étrangères, les avancées scientifiques ou la politique... Ceci dit, au fil de la série, il est clair que Civilization se casualifie en proposant un gameplay de plus en plus accessible, c'est la tendance naturelle du jeu vidéo en ce moment, depuis que les éditeurs ont compris qu'un plus large public est synonyme d'un gros pactole. Mais son thème en lui-même n'a rien de casual, il s'adresse déjà à une tranche de la population un minimum cultivée, et c'est tout à son honneur (et au tien) qu'il ait pu t'intéresser dès l'âge de huit ans.


    Dernièrement, je me suis beaucoup amusé en jouant à Where's Waldo: The Fantastic Journey, tout à fait représentatif du casual game, mais je ne crois pas avoir vu beaucoup de similitudes avec les titres de Sid Meier. Si tu veux voir ce qu'est le casual game, jette un oeil par ici, c'est un excellent site sur la question.

  • EnsembleVideEnsembleVide décembre 2009

    Pour en revenir à Solium Infernum, et pour avoir dernièrement également joué à Civilization et Heroes of Might & Magic, je me dois de mettre un point en avant qui me semble essentiel : au bout de quelques heures, quand on arrive en fin de partie, la plupart des jeux de ce genre devient juste chiante, pour la simple raison qu'on a des tonnes de villes et d'unités à gérer, qu'on tend à s'ennuyer dans les méandres bassement administratifs de notre empire, et qu'au final on fait tout à l'arrache, en oubliant progressivement ses objectifs, noyé sous la quantité d'actions possibles, bouffi d'orgueil et de puissance (sans quoi on aurait abandonné la partie bien avant).


    Dans Solium Infernum, on a droit à seulement deux actions par tour, aussi diverses que donner des ordres à une légion, réclamer des ressources à ses larbins, insulter son voisin, trier son butin, augmenter ses attributs... Avec un peu de chance et d'obstination, on peut arriver à trois actions par tour, voire quatre en étant acharné et en se fixant cette amélioration comme objectif. Ca peut monter théoriquement jusqu'à six, mais là on tape dans le domaine du fantasme. On s'arrache les cheveux face au peu de choses que l'on peut faire dans l'intervalle de temps fixé.


    Ce qui signifie que le problème d'avoir trop de choses à gérer ne se pose jamais, pour la simple raison qu'il faut choisir de manière drastique en permanence. Voilà, c'était juste pour dire que j'aime beaucoup ce choix de design : en revenant à l'essentiel, c'est-à-dire à des mécanismes relativement simples, ou du moins concrets, à échelle humaine car proches d'un jeu de plateau, on obtient un gameplay carré qui ne génère ni allongement notable de la durée des phases de jeu, ni perte d'intérêt due à un flot d'informations exponentiel. Dans le cas d'un jeu à la Civilization, on a généralement affaire à différents types de "gouverneurs" qui automatisent la gestion des ressources à la place du joueur (ce qui en soit tend vers le casual). C'est une solution logique, mais à bien y réfléchir, n'est-ce pas l'aveu d'un système trop complexe, qui implique à la longue tellement de tâches répétitives qu'on le cache au final sous une IA ?

Bien le bonjour, visiteur.

On dirait que vous êtes quelqu'un d'intéressant. Pour le prouver à la face du monde, cliquez sur l'un des boutons ci-dessous.

Connexion Postuler

Dans cette discussion