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La Route, De Cormac McCarthy
  • Sacoche1erSacoche1er juillet 2009





    Couverture du livre


    "Le jour le soleil banni tourne autour de la terre comme une mère en deuil tenant une lampe..."


    Voilà un extrait offrant un joli résumé de ce à quoi vous pouvez vous attendre en attaquant « La route ». Un livre sur l’après apocalypse, où tout est cendre, où tout espoir est vain, et qui recentre bien les priorités : Un, survivre, deux manger, trois survivre. Et Mad Max mon cul.


    Pas d’intrigue à attendre. Juste la lente et pénible progression de deux survivants, un père et son fils, sans nom, sans description physique (on parvient à peine à définir grossièrement l’âge du petit au fil du roman), sans particularité. Pas besoin. Ils cherchent de quoi manger, de quoi se tenir chaud, et de quoi éviter les autres hypothétiques survivants. Parce que la terre n’a plus rien à offrir depuis bien longtemps, et que plutôt que de se laisser mourir, certains préfèrent manger leurs semblables. Trouver à manger, trouver où dormir, trouver comment se protéger du froid et avancer, toujours avancer, pour ne pas se faire repérer. Rien d’autre à espérer que la conservation de ce niveau de luxe.


                                                                                                 




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     


    Le narrateur possède un point de vue très proche des héros. Il est incapable de s’en décoller, incapable d’un point de vue autre, à la seule exception qu’il peint l’univers qui entoure les deux héros de champs lexicaux triés sur le volet, d’une noirceur éblouissante, dans un style contemplatif et descriptif haché et sans ponctuation, empêchant de reprendre son souffle ou d’espérer quoi que ce soit, pondant des chapitres de dix lignes les uns après les autres, minimisant les points et liant ses phrases par des « et » qui sonnent comme des râles, rappelant sans cesse l’agonie rampante entourant absolument tout ce qui a survécu.


    Le style narratif participe à dessiner le néant écrasant de cet après-chaos magistral, à cartographier une situation qui n’autorise plus aucun espoir depuis longtemps. Aucun repère de temps, aucun repère géographique. A quoi bon, tout est gris, mort, terminé. La bobine a rembobinée depuis longtemps, la salle est vide. Il n’y a plus rien à voir. Il fait faim, il fait froid, il fait nuit. Le temps est l’ennemi public.

    « L’homme » et « le petit », comme ils sont cités dans le livre, ne sauvent pas le monde, ne vivent pas une belle histoire, ne vengent personne, ne retrouvent pas le bonheur perdu. Ils sont là, ils ont faim, ils ont froid, ils ont peur. Et nous avec.


    On s’attache à cet homme, on a pas le loisir d’imaginer grand-chose, on suffoque avec lui. On est pris des mêmes angoisses que lui vis-à-vis de son fils, des mêmes interrogations. Que voit-il dans les ruines d’une civilisation qu’il n’a pas connue ? Comment comprend-il cette vie ? Attend-il quelque chose de l’avenir ?


    Rarement j’ai vu un livre aussi juste, aussi proche de son message, aussi fidèle à son propos. Pas de mensonge, pas d'hypocrisie des mots. McCarthy n'enjolive rien, il livre son histoire telle quelle, à brûle-pourpoint, brute de décoffrage. et ça marche du tonnerre de dieu. Ca faisait longtemps qu'un livre n'avait réussi à m'arracher des larmes.


    Les pages filent, les unes après les autres, dans le silence et dans le froid. Tout espoir est vain. Lesdeux protagonistes se débattent en attendant la mort, englué dans un monde qui l’est déjà depuis longtemps, qui n’a plus rien à offrir. Ils sombrent continuellement dans la folie du désespoir, une forme noire de mélancolie qui les ronge de l’intérieur, chacun à leur manière. Celui qui a connu le monde d’avant est tordu de tristesse pour son fils qu’il voit dépérir et dont il sait qu’il devra un jour le tuer pour lui éviter pire. Celui qui est né dedans n’attend rien, redoute continuellement la journée de demain, qui ne saurait être différente du sépulcre du monde d’autrefois qu’il n’entrevoit qu’aux travers de ses derniers vestiges.


    Deux personnages qui ne vivent pas les mêmes choses, faute de référents comparables.


    Un livre amer. Sombre. Tristement crédible. Tristement triste. « Ravage » en bien plus juste.


    Incontestablement le must-have de 2009 (même s'il date de 2006), à lire avant que Warner ne décide d’en faire un film avec Will Smith.


    En poche, chez Amazon


    Cormac McCarthy sur wikipedia

  • KalesKales juillet 2009

    Ah, je l'avais trouvé monstreusement bien, moi, [i]No Country For Old Men[/i]. Façon Coen, je veux dire. Il doit carrément faire partie de mes films préférés. Donc avec un peu de chance, Will Smith se contentera de faire son remake de [i]Bienvenue chez (...)[/i], et on pourrait avoir une bonne adaptation...

    Ma foi, j'étais déjà intrigué par McCarthy, mais je crois que je vais me mettre sérieusement à le [b]lire[/b], maintenant.

  • Sacoche1erSacoche1er juillet 2009

    En fait je critiquais pas No Country For Old Men, que je place au moins aussi haut que toi dans mon panthéon personnel, je faisais plutôt référence à I am Legend, un excellent bouquin sur fond d'après apocalypse, de Richard Matheson, récemment pourri dans une version film lamentable (avec Will Smith, cqfd) ^^

  • EnsembleVideEnsembleVide juillet 2009

    Ca m'a l'air vraiment bien, ce qui du coup ne me donne pas vraiment envie de le lire là maintenant, vu comme ça sembler magnifier l'été, la joie lubrique et la bonne humeur. « Ravage » en bien plus juste, ça doit sérieusement mettre la pêche et donner envie de chanter des chansons paillardes déguisé en clown et bourré de MDMA.


    Je garde ça pour l'hiver, l'effet n'en sera que plus intéressant.

  • p2mp2m août 2009

    Bon aller, je me motive. De toute façon c'est ça ou écrire l'épisode 22 ou la pièce de l'an prochain ou le futur roman non édité.


    Il se trouve que ces derniers temps je m'intéresse particulièrement aux thèmes de la fin du monde et de la survie, et que j'ai par ailleurs beaucoup aimé I am a legend (le bouquin) et que je ne connaissais pas McCarthy, et que Ravage m'a particulièrement plus, même si le cynisme des dernières pages me gêne un peu (difficultés à définir les intentions de l'auteur, ou refus des les accepter, je sais pas), ça faisait beaucoup de raison de se laisser tenter par La Route. Puisqu'il est sorti en poche il y a peu, j'ai plongé.


    J'ai eu un peu de mal à accrocher lors des premières pages. Le rythme est dès le début lent, et le roman débute comme une tranche de vie. On ne sait rien, on se retrouve propulsé avec ce père et son fils sans d'autres explications. Et puis, on accepte peu à peu cet état de fait. Ils sont là. Ils existent. Ils survivent. Il n'y a sans doute rien d'autre à chercher en terme de péripéties qu'une lutte apparemment sans fin contre l'hostilité du monde, de tout le monde même.


    Du cataclysme qui a conduit l'humanité et la nature à une telle déchéance on ne saura rien. Et au final, à l'instar des protagonistes, on s'en contrefout. L'homme est partagé entre ses réminescences et le présent, il les oppose, les compare, malgré lui. Le petit lui est né avec ce monde, ou presque. Peu importe le pourquoi. A la limite le pourquoi n'existe pas. Il est accepté, digéré par le combat quotidien, et par le lecteur qui - en tout cas pour moi - ne se soucis que très épisodiquement de la cause du chaos. Peut-être la question m'a-t-elle taraudé lors de certaines temporisation du récit, mais s'efface vite quand l'urgence nait des lignes McCarthy.


    C'est d'ailleurs l'une des divergences essentielles avec Ravage, où l'on connait l'origine du mal. La route n'a pas besoin de cette origine pour justifier son propos. Que ce soit ça ou autre chose, une guerre, un virus, un cataclysme naturel, peu importe le résultat est le même et l'instinct de survie ne dépend pas des causes de la mise en péril. L'humanité s'exprime ici dans toute sa faiblesse innée, se manifeste indépendamment de tout contexte si ce n'est celui d'un retour à l'odre naturel sombre et violent.


    Empreint d'un manichéisme qui, dans tout autre contexte, relèvera d'une simplification naïve et débilitante du monde, l'Homme ne cessant de parlé des gentils (eux) et des méchants (globalement tous les autres), La Route en ressort pourtant grandit, encore plus juste, encore plus vrai. Ce language, cette vision infantile du monde donnent corps à une cure de jouvence dramatique du genre humain.


    C'est d'ailleurs, et j'étends ici un peu le sujet, l'une des répliques très forte du film "Les derniers jours du monde" en salle depuis cette semaine. Je reviendrai sûrement sur ce film si j'en ai le courage :


    "La jeunesse c'est quand on ne sait pas ce qui va arriver. Peut-être que tout ne va pas si mal que ça. Le monde est simplement en train de rajeunir."


    Evidemment, la situation du film n'en est pas au stade extrême de celle que le lecteur côtoie en effeuillant La Route, et si, tout va très mal dans l'histoire de McCarthy ou la mort n'est pas une chiure de pigeon au coin de la gueule sans qu'on s'y attende comme dans le film, mais une camarade de route omniprésente qu'il est impossible de nié ou d'oublier. Qu'il serait bien vain et dangereux d'oublier d'ailleurs, tant sa présence est à la fois menaçante (la maladie, le froid, la faim) que salvatrice (l'idée que le suicide arrête le calvaire).


    La question de la survie à tout prix est peut-être la seule qui n'est pas à mon sens assez abordée. En tant que lecteur, ou même en tant qu'humain, elle a tourné et retourné dans ma tête pendant la lecture. Si la réponse apportée par le parcours des deux protagonistes est leur interdépendance, ils survivent respectivement parce que l'autre est toujours en vie, elle n'est pas assez exploré pour tous les autres cas de figures rencontrés. Mais après tout, La Route est un roman sur l'homme et son fils, pas sur la nature humaine dans l'absolue.


    C'est sûrement ce qui fait la crédibilité du propos : rendre compte du monde au travers de l'expérience de deux êtres, liés intrinséquement. En histoire on appelle ça la microstoria. Et si sa pertinence scientifique est vivement critiquée, son efficacité littéraire ne semble plus à prouver.


     

  • CortoutCortout septembre 2009

    Ah, le mois d'août vient enfin de recracher le pauvre Jonas que j'étais. La chaleur est partie, et ses disciples mollassons avec, je vais enfin pouvoir réfléchir calmement sans ressentir des filets humides couler dans chaque plis de mon corps.
    Il me fallait un roman de vacances, ne lire que +L'œuvre Ouverte+ et +La relation comme forme+ est vraiment dur, et je te remercies vraiment d'avoir conseillé un tel livre. La tranche de vie, des personnages banaux et non héroïques, une vision altérée, une relation forte: c'est exactement ce que je recherche depuis un bon moment, mais je n'avais que très peu creusé dans les livres, pensant que ce genre d'expériences très contemplatives étaient plus cinématographiques qu'autre chose.
    Le début me semblait un peu balancé à la figure comme un "y'a ça, ça et lui qui font ça, mais t'occupes pas du pourquoi". Mais comme tu le disais si bien Pitoum, on finit par s'en foutre complètement. On suit leur avancée, visualise les réminiscences de l'homme, serre l'estomac pendant la pénurie, prend peur quand les méchants sont là, pèse le pour et le contre quand il a des pensées suicidaires, on vit vraiment l'histoire.

    J'ai particulièrement aimé tenter de séparer la réalité de sa vision de cette réalité. La cendre ne serait-elle pas de la neige, mais vue grisâtre à cause de son impossibilité de voir quelque chose comme beau? L'avancée sur la route est-elle vraiment si nécessaire? N'était-ce pas un obsession lié à un besoin d'objectif, de but, et qui finit par ne plus pouvoir changer?

    J'avais vraiment l'impression d'être un farfadet qui ce serait mit à partager le corps de l'homme un moment, et qui serait partit, un sourire triste au lèvre, dès la fin de l'histoire. J'aime beaucoup cette impression.

    Un livre que je conseille à tous, même si le début est plutôt ardu, avec la plume singulière du monsieur et l'histoire au fil suivant calmement les remous d'un eau tranquille, surjecte quelque fois à une plongée de grenouille. Et vous ne pouvez imaginer ce que j'ai pu bouffer en lisant ce livre, tant la famine est bien retranscrite. A ne pas lire la nuit donc, sauf si vous aimez avoir un quatrième/cinquième repas.

  • KalesKales octobre 2009

    Excuse-moi d'avance, Sacoche, de rendre publique cette réplique qui fut tienne en juillet :

    [quote]Bon de toutes façons rassurons-nous, La Route est encore moins adaptable que NCFOM. Du coup, à part quelques rares réalisateurs de grand talent, on peut espérer que personne ne s'y risquerait...[/quote]

    Pas pu m'en empêcher. A cause de ceci : [url]http://www.dailymotion.com/video/x9ah6c_the-road-la-route-trailer-bandeanno_shortfilms[/url]
    Etrange que personne n'ait fait remarquer ça avant moi (je refuse de croire que personne ne le savait)...

    "They did it ! They did it !"

    Je crois pouvoir deviner la réponse à cette question, mais : vous en pensez quoi?

  • p2mp2m octobre 2009

    je suis triste...

  • Sacoche1erSacoche1er octobre 2009

    Raaah... Quelle bande de gros porcs quand-même.


    Aragorn en dernier survivant de l'humanité, dramaturge devant l'absolu de l'irréparable, ça me fait pisser noir. J'ai pas relevé le nom du réalisateur, mais rien qu'à voir le trailer formaté comme un Independance Day, j'en pleure déjà.

  • Seagirl octobre 2009

    Honte à moi, je n'avais pris la peine d'aller acheter ce livre qui me semblait pourtant bien téréssanien.. pas eu de vacances, mais c'est pas non plus une excuse.

    Donc là j'ai regardé ce trailer, et du coup je me suis dit :"il y a urgence, je dois vite aller acheter ce livre et le lire avant que ma perception de l'histoire ne soit transformée par les images qui vont nous inonder dès que le film va sortir". Parce que j'avais lu "I am a Legend", que j'avais adoré et que... bon, vous vous doutez de la suite avec le film. Même si, pour une fois, la plastique de Will Smith est bien joliment utile (pour une fois que c'est les filles qui peuvent mater, j'en profite).

    Et du coup, en relisant vos textes je me suis souvenu d'un livre qui m'a troublée, marquée et qui est totalement à part dans la littérature "d'autres mondes" car l'auteur invente son propre langage.
    Il s'agit de La Horde du Contrevent de Alain Damasio qui avait gagné le Grand Prix de l'Imaginaire en 2006.

    Un livre pas facile du tout, et ceci grâce (ou à cause) de son écriture, fondamentalement neuve, et de son histoire, particulièrement originale car Damasio invente réellement un autre monde, sans orcs, ni elfes ni aliens d'aucune sorte. Un monde à la merci du vent, des vents, qui modèlent la terre et les hommes...

  • EnsembleVideEnsembleVide octobre 2009

    La Horde du Contrevent mériterait un article (que je n'écrirai pas, vu que mon dernier article prévu a maintenant plus d'un an de retard...)


    Le worldbuilding est effectivement intéressant, cohérent, fouillé, original, voire poétique. L'histoire est poignante, même si en définitive on reste dans la fantasy initiatique, avec toutefois des personnages hauts en couleur et une écriture schizophrénique que ne renierait pas Glen Cook. Le fait que les pages soient numérotées en partant de la fin et que les protagonistes principaux soient représentés par des signes de ponctuation, le tout amené dans un mélange de journal intime et de pièce de théâtre mâtiné de calligrammes rend l'oeuvre plutôt atypique. Et imaginer une syntaxe pour représenter les multiples formes du vent, quasiment sous la forme de partitions, il fallait le faire...


    La fin m'a fait beaucoup rire.


     

  • Sacoche1erSacoche1er janvier 2010

    J'ai fini par faire taire la rancoeur et l'ennui guétant qui me décourageaient de visionner ce film. M'attendant, comme l'annonce si distinctement le trailer, à trouver Bruce Willis ou Schwarzy au détour d'une dune avec un AK47 dans chaque main et braillant qu'il a faim, excuse impériale pour tuer des gens.


    Mais, une fois n'est pas coutume, le trailer ne rend pas du tout justice au film. 

    Il est fait pour attirer le chalant, qu'il paye sa place coûte que coûte. Les artifices utilisés par la bande-annonce sont donc les mêmes que pour n'importe quel autre film/blockbuster. En même temps, on imagine assez mal comment la prod pouvait se permettre de teaser honnêtement le grand public sur ce type de film :

    - " Venez regarder un père résigné et son gosse traumatisé crever de faim, de froid, et de peur pendant 2 heures "

    - " On a quand-même plus de dialogues que dans la Guerre du Feu*, venez voir notre film "    * on a compté, on en est sûr.

    - " Du grand spectacle! jamais il ne s'est rien passé sur l'écran avec une telle force "

    - " Enoooorme Vigo Mortensen!!1. il a même perdu 10 kg c pour dire!!! "

    - " Yann Arthus bertrand n'a plus qu'à aller se cacher avec ses pious pious et ses collines verdoyantes "


    Indubitablement, ça ne fonctionne pas. Mais cest normal. ca n'est PAS un film grand public. On ne pourrait donc le teaser correctement qu'en occultant le mass advertising, et donc, être incapable de rembourser le film. bref, on tourne en rond, pour changer.

    Non, un bon trailer n'aurait pu se situer qu'autour des notions de la désintégration morale et sociale qui s'éxécutent indubitablement une fois l'Homme (la civilisation, cqfd) réduit à néant, de la quète d'un peu d'espoir là où tout n'est plus que déchéance et regrets, là où tout ce qu'il reste d'agréable ne se cache que dans le souvenir et sa cruelle intangibilité, baigné d'amertume et de désespoir.

    Bref, des arguments moyennement adulés par les agences de Comm'.





    Quoi qu'il en soit, ce film est très bonne surprise. Il est très proche de l'expérience du livre, très bien retranscrit. Même la disloquation du langage très lourde dans le roman est plutôt bien portée. 

    Et notamment par les deux acteurs principaux, Viggo Mortensen, le père, et Kodi Smit-McPhee, le môme, tous deux sublimes dans leur rôle. 

    Le gamin est d'ailleurs vraiment prometteur. Complètement désinhibé pour le film, il joue detresse et souffrance avec une véracité surprenante de la part d'un ado. 

    Viggo Mortensen, qant à lui, s'est détaché depuis longtemps de la lourde image de roi des noobs. Il était éclatant dans Appaloosa, intriguant dans les promesse de l'ombre, éblouissant dans A History of Violence. Il n'a plus rien a prouvé, et incarne cet homme en perpétuelle détresse sans fausse note.


    Le film ne fait l'impasse que sur une scène du livre. Etonnemment une des plus poignantes d'ailleurs. Ce qui laisse à pense, compte tenu de la violence de la scène en question, qu'un final cut a été orchestré par la prod sur le premier montage de John Hillcoat, le réalisateur,  qui a pourtant clairement tenu à respecter l'oeuvre originale, à en juger par les nombreux efforts pour coller au récit la nudité acerbe de certaines scènes.




    Si je n'ai qu'une chose à vous dire, c'est : 

    N'allez pas voir ce film, lisez  le livre.

    Mais si vous l'avez lu -ou une fois que l'aurez lu, vous pouvez foncer tête bêche sur ce film, qui, loin d'être la bouse miéleuse saumurée de bangbang à laquelle je m'attendais, vibre comme un hommage substanciel à l'oeuvre de Cormac Mc Carthy.

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