Le site probablement pas pour toi, qui vient de passer à Vanilla 2 à l'arrache, et qui va mettre un certain temps avant d'être à nouveau opérationnel (ou du moins Über avec un Ü).
The Path - une fable obscure
  • Santendji mars 2009


     


    Titre : The Path


    Game Designer : Auriea Harvey et Michaël Samyn


    Genre : Exploration, découverte, introspection, horreur?


    Site officiel : http://tale-of-tales.com/ThePath/index.html


    Plateforme : Windows


    Prix : 7,11 €


     


    • Le Petit Chaperon Rouge version moderne :

    The Path, jeu indépendant développé par Tale of Tales, propose au joueur d'incarner six soeurs, chargées par leur mère d'apporter à Grand-mère, malade et alitée, un panier contenant boisson et nourriture. Soeur par soeur, il faut suivre un chemin (the path), au milieu d'une forêt pour atteindre la maison de l'aïeule. Une seule règle, qui doit être enfreinte : ne surtout pas quitter la route pour pénétrer dans la forêt. Commence alors une exploration dans les bois, (tant que le loup n'y est pas), à la découverte d'objets insolites et lieux mystérieux, dont la présence perturbe et demande mûres réflexions.

    Vous l'aurez compris, The Path est une version revisitée de manière horrifique du célèbre comte Le Petit Chaperon Rouge, un jeu sombre et oppressant doté d'un gameplay unique.

    A vous d'explorer la nature sans réel but, mais attention, le Grand méchant loup vous surveille.




    Le chemin que l'on doit "en théorie" suivre...

    • Explorer sans but :

    The Path est un jeu lent. Courir longtemps assombrit l'écran, donne une vision aérienne du jeu accompagné par des battements de coeur rapides, offrant une ambiance oppressante qui "oblige" le joueur à se déplacer plus lentement, qui de ce fait, prend le temps pour observer les activités diverses de la forêt.

    Pas d'énigmes, de puzzles, d'épreuves, de combats, ni quoi que ce soit nécessitant réflexion, adresse ou logique : The Path est en quelque sorte une introspection interactive et déambulatoire de l'esprit des six jeunes héroïnes, qu'il va en fait falloir conduire à la mort. Le jeu repose sur la rencontre du Grand méchant loup, rien n'est indiqué pour le trouver. Sa confrontation est fortuite, à force de se balader le joueur finit par tomber nez à nez avec, entraînant la mort de la jeune fille choisie ainsi que la fin du chapitre. Six soeurs, six chapitres, six loups différents.




    Un cimetière perdu en pleine forêt... Mais qui est cette fille ?

    • Une soeur = une personnalité

    Chacune des soeurs représente une personnalité différente, qui se traduit par l'aspect vestimentaire, ainsi que les réactions en fonction des interactions avec le monde. Certains objets ne peuvent être ramassés que par une seule des soeurs, et les lieux visités impliquent une réaction différente d'une soeur à l'autre, se traduisant par un petit paragraphe s'affichant à l'écran, assez philosophique, en rapport avec l'endroit ou l'item avec lequel on a interagit. Implicitement on comprend que le but est de trouver tous les objets dispersés et lieux de la forêt avant de tomber sur le "loup".

    De même, à chaque soeur est attribuée un loup, qui se matérialise non pas sous la forme de l'animal, mais en un lieu et un protagoniste en rapport avec la personnalité de la soeur contrôlée : une petite scène dont le joueur est acteur avant de "périr". Chaque chapitre prend fin dans la maison de la Grand-mère ; suite à la rencontre avec le prédateur, il pleut, le ciel s'est assombri, on n'a pas d'autres choix que de rentrer dans la demeure, pour découvrir à l'intérieur tout ce qu'on n'attendrait pas dans cette petite maison.




    Les six protagonistes que le joueur doit incarner chacune leur tour.

    • Une fable obscure

    L'horreur ne se traduit pas dans cette oeuvre par l'effusion d'hémoglobine ni même de violence. L'ambiance du jeu est obscure, dérangeante. Une petite fille vêtue de blanc qui suit nos pas, des bruits banals du quotidien qui deviennent source de stress en plein coeur des bois, une bande-son de choeur féminin ressemblant plus a des complaintes, changeant en permanence pour s'accorder avec l'atmosphère du jeu... The Path est le résultat d'une recette de poésie, d'horreur, de philosophie. Chacun évolue à son rythme et interprète à sa façon ce qu'il perçoit et observe dans le jeu.




    Un des loups matérialisé par un tueur en série... dérangeant...

    • Conclusion

    The Path est bien plus qu'une aventure, une expérience unique qui vous plonge dans un monde mi-féérique mi-glauque, où chaque interaction exprime un aspect de la narration. Certains y trouveront des références à Tim Burton, d'autres y verront Night Shyamalan pour The Village... Quand le jeu vidéo devient artistique sans pour autant être un art. Promenez-vous bien dans les bois, faites attention au grand méchant loup...


     


    • Bonus




    Le trailer de The Path


     






    La fin d'un chapitre suite à la rencontre du loup.


     





    Un peu de poésie. Notez la présence de lignes électriques au plein milieu d'un bois... Strange...

  • EonEon mars 2009

    Excellent. Du sur-glauque sans effusions d'hémoglobine plein la caméra. Ça change des "moi voit zombies, moi tue zombies", avec l'option arrachage de membres. Il a l'air plutôt intéressant, même si, à mon avis, il ne doit pas être réservé aux dépressifs.
    Cependant, un jeu sans "véritable but", c'est-à-dire : sans monstres à tuer, sans un attirail d'armes bioniques ou d'autres trucs à annihiler, "C NUL!!!!", dirons les gens que la nature aura généreusement doté d'un seul et unique neurone. Ce neurone étant parfait pour l'énumération ci-dessus.

  • Très bien, cet article. Mais il reste un peu trop de fautes pour le publier en l'état en première page, ce qui est dommage...

  • Citation de Santendji :

    Quand le jeu vidéo devient artistique sans pour autant être un art.



     Ca, c'est un point que j'ai du mal à saisir. Qu'est-ce que tu entends par là ? (sachant que toucher à l'art est ce à quoi prétend Tale of Tales).

  • CortoutCortout mars 2009

    Bon article, et qui ouvre de grandes perspectives de discussion, et dès mon premier jour, quel extase. C'est, de surcroît, un article publié il y a un an dans Edge avec une sorte de pre-preview, qui m'a fait m'intéresser à l'aspect plus artistique que pouvait offrir le jeu vidéo, pour muter, un jour peut être, en art interactif. C'est un assez gros coup de cœur, donc mes paroles risquent d'être assez passionnées.
    Donc bref, The Path. Déjà je voudrais renchérir quant à la question du noble et vénérable sieur O[barré]. En quoi est-ce que The Path n'est pas de l'art? Il est indéniablement artistique, je pense que la question ne se pose pas, mais que lui manque t-il pour obtenir le statut d'œuvre d'art? Pour ça, il faudrait peut être proposer une définition de ce qu'est l'art. Selon moi, l'art est une œuvre faite par l'homme où chaque élément est là pour l'esthétique et/ou la signification, mais où un message est obligatoirement présent, nimbé d'une aura de mystère. Quelque chose de beau n'est pas de l'art, c'est de l'esthétisme. The Path est une œuvre sur la croissance de la maturité. Il y a donc un message, qui peut, par le biais d'une identification, devenir applicable dans notre vie, et offrir de la réflexion. Et quelque chose aussi de vraiment important, c'est la notion d'œuvre personnelle. The Path a été fait comme l'on voulu les créateurs, pas pour le public. Ils disaient même sur leur blog qu'ils hésitaient parfois à ajouter des éléments ludiques, comme des énigmes très pointées cliquées. Mais malgré des demandes qui allaient dans ce sens par certains beta-testeurs, cette œuvre est la leur. Et ce que je pense qui fait la grande différence entre des jeux artistiques et de l'art, c'est que l'interactivité joue un rôle dans l'émotion et la signification. Ce n'est pas un ajout qui le permet juste de prendre le nom de "jeu", mais vraiment la base de l'expérience.

    Par rapport à ce que j'ai aussi vraiment trouvé appréciable, et c'était le but de ToT, c'est que l'expérience est accessible. Je m'explique. La plupart des créateurs de jeux dits "artsy" sont des gamers invétérés, qui ont grandis avec, et qui aimeraient voir le médium devenir plus mature avec eux. Vu que l'expérience est celle qu'ils aimeraient avoir, en tant qu'émo-gamer [émo comme émotion, et non pas les gotiques softs]. Et donc en tant que joueurs, ils veulent un gameplay avec une prise en main et des références à leur culture de gamer nostal-geek. Ce qui fait que l'expérience est émotionnellement très forte, mais faite pour le cercle d'initiés. Prenons comme exemple Passage. Les pixels et les chip sound faisant partis de mon passé, et je ne les trouve pas rebutant. J'ai même versé quelques larmes à la mort de ma femme, c'est dire que l'émotion passait. Et essayez de le montrer aux non-gamers, ils vous rirons au nez, ou demanderons "chuis où? Le truc vaguement jaune là?". Alors que The Path, par une esthétique plus accessible et par un gameplay à la prise en main facile [montrer le génie de M. Blow dans Braid à un non joueur? Jamais!] permet une ouverture du médium à d'autres personnes sans arrière plan gamer.

    Après, je comprends le désir de rester dans le ghetto, un cercle de passionnés incompris, mais laisser juste un aperçu aux autres, pour prouver que notre passion n'est pas ridicule et vraiment puissante, je pense que c'est vraiment important. Après ça rentre dans le débat de l'évolution des préconçus sur le jeu vidéo, et c'est amplement possible que si l'on essaye, en le disant art, que l'on saute l'échelon de divertissement multi-générationel, peut être que ça tirera le médium vers le haut?

    Et simplement pour finir, j'aime le fait que malgré la désobéissance, la tentative d'échapper dans The Path, chaque objet trouvé nous renvoi à la maison de grand-mère, comme un emprisonnement permanent dans le chemin à suivre. Est-ce la cas dans la vraie vie? N'y a t-il aucun échappatoire du chemin obligatoire et pré-tracé?

  • Ca, c'est du commentaire... Bienvenue dans notre immense communauté.


    Ton propos sur le pixel art et l'indie gaming en général est très juste ; je n'avais jamais vu les choses sous cet angle. Il est certain que les choix de Tale of Tales prennent tout leur sens quand on réfléchit à cette accessibilité au grand public qu'ils ont mise en avant. C'était déjà le cas dans The Endless Forest, c'est bien sûr tout à fait logique qu'ils aient persisté dans cette voie, même s'il y a cette fois-ci un scénario et des personnages antropomorphes...


    Par une amusante coïncidence, j'étais justement en train de repenser un projet, hum, artistique, en termes de simplicité et d'accessibilité, alors que j'avais au départ opté pour du gros pixel et du mécanisme à foison. Cette errance instinctive est donc en fait tout à fait justifiée, moi content.


    C'est assez triste de se dire que le jeu vidéo est finalement capable de s'enfermer dans un système d'auto-références consanguines complètement hermétiques au grand public, exactement comme l'art contemporain sait si bien le faire. Il est vrai que pour nous, quoi de plus normal qu'une bouillie de pixels ? Ca demande un certain recul pour comprendre que le pixel n'est ni évident, ni esthétique, ni excitant pour le non-gamer. Je n'ai jamais fait le test de montrer Passage à des "profanes", mais j'imagine bien leurs réactions.


    ...


    Bref, il faut que je joue à The Path.

  • CortoutCortout mars 2009

    Ah, la référence à l'art contemporain, cet art qui me fait parfois scander mon désaccord. Le fait de mettre l'esthétique au second plan, pour beaucoup, et de mettre l'emphase sur la signification, vraiment tordu et basé sur le vocabulaire élitiste du nouvel art... Même si certaines expériences interactives qui s'auto-proclament art interactif n'ont rien à envier à la pop art géométrique, The marriage*, pour ne citer que lui, je persiste à croire que l'on ne va pas aussi loin dans l'abstraction totale. Le pixel art est une esthétique, certes difficile à saisir pour les non-initiés, mais porte une certaine valeur de souvenir. J'ai du mal à voir ça dans certaines œuvres contemporaines. Ça ressemble, pour moi, à une bouillie sans forme, pour illustrer l'habituel "l'art est mort". Mais bon, ces "artistes" possèdent surement aussi une certaine explication à cela, et trouve l'aspect adéquat pour faire passer leur message. Ma culture artistique ne couvre pour l'instant que le figuratif, classique ou pas, à la visée qui reste "on doit reconnaitre ce que cela représente". Je n'ai donc pas eu d'explications par des experts quant à cet art qui me répugne tant. Bref, je part dans le hors sujet.

    The Marriage est disponible ici, pour les courageux: *http://www.rodvik.com/rodgames/marriage.html
    Et je vous conseille de lire l'explication située en dessous du lien de téléchargement, c'est totalement incompréhensible sinon.

  • KalesKales mars 2009

    [quote]Le truc vaguement jaune là?[/quote]
    [quote]Je n'ai jamais fait le test de montrer Passage à des "profanes", mais j'imagine bien leurs réactions.[/quote]

    Moi aussi. Bon point Cortout, même si tes commentaires sont un poil "massifs", tu soulèves des choses intéressantes. Passage est assez fermé, j'ai déjà essayé de le montrer à moins "mordu" que moi, et on en revenait très vite à relancer une partie de Halo 3, tandis que la personne en question tâchait d'oublier rapidement l'existence d'une scène indé...

  • CortoutCortout mars 2009

    "-Grand-mère?
    - Oui mon enfant?
    - Pourquoi tes commentaires sont si massifs?
    - Mais c'est parce que j'ai beaucoup de chose à dire, mon enfant."

    [en plus, ça rentre dans le thème]

    Plus sérieusement, ce n'est pas toute la scène indé qui est fermé comme l'on pourrait le croire en lisant ta dernière phrase, mais la partie nostal-geek.

  • Santendji mars 2009

    Je n'ai pu répondre plus tôt et c'est avec plaisir que j'ai dévoré vos commentaires. Je suis ravi de constater que la dernière phrase de mon article à ouvert (ou plutôt ré-ouvert) un débat sur l'art et le jeu-vidéo. J'en profite pour souhaiter la bienvenue à Cortout : oui en associant art et jeu-vidéo tu es quelqu'un d'intéressant.

    A mon tour de répondre à la question que m'a posé Ø.
    Je perçois l'art à travers la littérature, la peinture, la poésie parfois le cinéma ; comme un outil par lequel les idées, la personnalité, la vision et les sentiments de l'auteur nous est transmis. Nous en sommes spectateurs, par la vue et l'ouïe nous nous imprégnons des oeuvres. Dans un jeu-vidéo nous devenons acteur à travers un ou plusieurs protagonistes dans un monde virtuel en perpétuel évolution. Nous sommes intégrés dans un tableau, peint pour nous correspondre et évoluant en fonction de nos interactions.
    Le jeu-vidéo s'imprègne de l'art et en devient bien plus en offrant cette dimension interactive et en nous transformant en acteur. D'où la subtilité que j'ai soulignée : le jeu-vidéo devient artistique sans pour autant être un art.

    Je ne pense pas pour autant que dans le futur notre passion va s'orienter "emo-game" (j'aime ce terme ;D). Le vidéo-ludique évolue et offre de nouveaux types de jeux touchant un public plus large ou chacun s'y retrouve en fonction de ses goûts. Le jeu-vidéo ce n'est pas que le casual-game, ou core-game, mais un outil multimédia jeune en pleine évolution. La conjugaison et la grammaire qui constituent la langue du jeu-vidéo a été défini, reste à enrichir son vocabulaire. On ne peut satisfaire tout le monde sur un genre de jeu-vidéo, mais en se diversifiant, on touche de nouvelles générations de joueurs ce qui entraine une amélioration de la vision globale du jeu-vidéo par les "néofites".

    Je ne pense pas détenir la vérité, je partage mes idées pour recevoir vos réactions et faire évoluer ma vision du vidéo-ludique.

  • Sacoche1erSacoche1er mars 2009

    Bon, puisque tout le monde y va de son opinion, j'en profite pour répéter le mien. ce débat me parait toujours autant stérile. Au moins autant que de se demander lequel du chou ou de la salade est le plus un légume.


    On trouve un peu d'art dans la littérature. On trouve un peu d'art dans la photo, on trouve un peu d'art dans le cinéma, on trouve un peu d'art dans la vidéo, on trouve un peu (beaucoup en fait, mais seulement pour des raisons chronoligco-historiques) d'art dans la peinture. Rien d'étonnant à ce que l'on trouve un peu d'art dans le jeu-vidéo.

    En fait, ce qui fait qu'une oeuvre d'art est Art, c'est pas le médium, je pense que tout le monde est est conscient. C'est l'artiste. Quand une nouvelle technologie voit le jour, certains artistes finissent par s'y intéresser. Le dernier exemple étant pas si vieux que ça : la vidéo. 99.99% de l'utilisation faite du média n'est irrévocablement pas de l'art. Même chose pour le cinéma. Et personne ne s'en offusque plus. Et bin même chose pour le JV.

    Non, le jeu vidéo n'est pas un art. Pas plus que le cinéma ou la photographie. 

    Oui, certains photographes, cinéastes, ou game-designers font de l'art.

    Point, à la ligne.

    Est-ce qu'on se pose la question de savoir si internet est de l'art?







    PS : L'interactivité proposée par le jeu-vidéo ne lui procure pas le super alibi révé pour qu'on l'érige au panthéon des arts du fait de son exclusivité. L'immersion du spectateur dans l'oeuvre a demarré trèèèèèèèèès tôt, au au moins avecle bauhaus, peu-être plus tôt (historiens de l'art membres d'überclub, merci de remplir la case manquante :) )

  • CortoutCortout mars 2009

    Citation de Satendji: Je ne pense pas pour autant que dans le futur notre passion va s'orienter "emo-game" (j'aime ce terme ;D). Le vidéo-ludique évolue et offre de nouveaux types de jeux touchant un public plus large ou chacun s'y retrouve en fonction de ses goûts. Le jeu-vidéo ce n'est pas que le casual-game, ou core-game, mais un outil multimédia jeune en pleine évolution. La conjugaison et la grammaire qui constituent la langue du jeu-vidéo a été défini, reste à enrichir son vocabulaire. On ne peut satisfaire tout le monde sur un genre de jeu-vidéo, mais en se diversifiant, on touche de nouvelles générations de joueurs ce qui entraine une amélioration de la vision globale du jeu-vidéo par les "néofites".

    Je suis absolument d'accord avec toi, la diversification est un signe d'un média mature, donc on ne peut qu'espérer que ce soit le cas pour notre médium favoris. Un des gros problème est que l'on ne le laisse pas cette chance, beaucoup de personnes considèrent qu'une seule vision est valable, et que seule elle devrait perdurer. Il y a de ça du côté du média généraliste, avec les discours voulant "que des marios et wii fits", pour résumer grassement, des gamers peu éduqués et peu matures, avec leurs "c'est pas un jeu" ou "mais qu'est devenu le jeu vidéo?". Laissons les genres perdurer, voyons!

    Sacoche1er: Le problème est que la dénomination d'art n'est pas officielle et généralisée. Je pense que nous sommes tous d'accord sur le fait que tout médium ne transforme pas chaque création en ouvre d'art, et que tous les jeux vidéos ne sont pas de l'art, mais si l'on pouvait accepter que certains le sont, c'est ça l'objectif. Mais je comprends aussi pourquoi l'on peut considérer ce débat stérile, vu qu'une dénomination officielle ne changera pas le contenu, mais changera la vision des neofites sur le JV. Si les gens pouvaient avoir une certaine estime de cet art, et ne pas considérer que tous de ce média est un "jouet". Après l'on pourrait mettre ce débat comme des jeunes pleurnichards qui veulent juste que leur passion de toujours soit estimé à sa vraie valeur, mais je pense que l'on pourrait aussi ajouter l'objectif de faire connaitre aux autres les émotions et ressentis uniquement possibles dans le JV. Pour l'instant, le grand public ne sait pas qu'il existe ce genre d'expérience, et ne pense même pas à chercher. De toute manière, que ceux qui ne veulent pas ça pour rester dans le ghetto vraiment fermé se rassurent, cette branche perdura toujours. Je pense même que le pixel art suit en partit ce but. Le jeu vidéo dit "de base", en tout cas commercial est désormais connu et compris par plus qu'un petit cercle; il fallait donc trouver une solution pour ces vieux cons [rien de péjoratif, j'en fais partie], et qu'ils se sentent entre passionnés, faisant des trucs de passionnés, uniquement connus par les passionnés.

    Veuillez m'excuser d'avoir quelque peu pas le sujet de l'art et le JV, mais cela me semblait dans la continuité.

  • Robert Filliou (on va voir si vous trouvez la citation, c'est assez facile).


     


    Ceci dit, ce fil de discussion pète tous les records de plussoiment. Réjouissons-nous.

  • Santendji mars 2009

    L'art, est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art.

    Ø : J'applaudis les avis divers qui ne sont pas bornés. Avec ce genres de réflexions collectives, le jeu-vidéo a de l'avenir !

  • Je viens de l'acheter (à ce prix-là, ce serait quand même une honte de le télécharger).


    D'un point de vue de joueur, il y a quelques choix plutôt agaçants, à commencer par la lenteur de l'ensemble et le manque de réactivité des contrôles. Mais on s'habitue. D'un point de vue de game designer, il faut reconnaître que les mêmes choix potentiellement agaçants sont en fait très pertinents dès lors qu'on prend le parti de l'ambiance et de la simplicité.


    Il est certain qu'un hardcore gamer pur et dur n'y verra aucun intérêt. Mais les autres...


    J'ai fini le premier chapitre, et globalement, j'ai eu l'impression d'entrer dans le trip d'un cerf de The Endless Forest qui aurait léché trop d'acide lysergique sur les champigons du grand chêne et qui se serait retrouvé projeté dans la tête d'une lesbienne suicidaire revisitant ses souvenirs d'enfance traumatisants, tronqués par divers blocages mentaux et réinterprétés pour être supportables, le tout en écoutant du post-rock islandais ou danois, une nuit d'insomnie, avec un verre de whisky un peu trop tassé dans une main et la dernière clope du paquet, éteinte, dans l'autre.


    Si la phrase précédente vous semble étrange, je vous garantis que le jeu l'est tout autant.


    Je tâcherai de donner quelques impressions un peu plus construites, mais en résumé, jouez-y.

  • MescalitoMescalito mars 2009

    l'art et le jv...on a fait combien de thread la dessus??


    La réponse de Sacoche me semble très juste, il manque juste les mentions des entités qui labelisent "ceci est de l'art" comme cela se fait depuis 5 siècles (ça a assez peu évolué en fait) ainsi qu'une conscience de publicS, au pluriel...de la même manière qu'un JV de fps bourrin va cibler un public spécifique de hardcore gamers, l'art contemporain va cibler un public tout aussi spécifique (les acteurs du milieu en premier lieu, comme c'est le cas depuis 5 siècles...n'étant pas un produit de consommation courante, l'art contemporain n'a pas besoin du grand public, au contraire...la diffusion auprès du grand public peut être différé de quelques décennies à près de 1 millénaire), tout n'est qu'une question de codes en somme.


    Et comme l'a souligné Sacoche, la question de l'immersion en art est vieille comme le monde.

  • Il suffit que j'écrive "acide lysergique" pour que Mescalito apparaisse 24 secondes après.

  • MescalitoMescalito mars 2009

    oui, le fantome d'Hoffman (pas celui des contes) est venu me rendre visite hier soir, le fait que tu aies séparé acide lysergique de diéthylamide l'a fait se retourner dans sa tombe, petit polisson...un peu de respect quand même...


    Sinon, ce jeu a effectivement l'air de valoir le détour, je l'achèterai aussi dès que j'aurai passé mon concours et posterai mon avis dessus par la suite.


    Petit complément: quand je faisais mention de publicS et de codes, je faisais aussi implicitement référence aux questions de réceptions et aux objets qui cadrent cette réception (le gout que l'on a sur une chose n'est pas innocent et 100% idiosyncrasique, il est fonction de notre contexte socio culturel et donc de ce qui construit ce contexte...on reste tous influencé par ce contexte et certaines institutions savent très bien comment influencer ce gout, opération qui prend du temps mais qui a force de "propagande", de diffusion de certaines idées par différents media pendant un temps qui peut être assez long parvient malheureusement toujours un minimum à son but...ça s'appelle de la construction de valeur et qu'on le veuille ou non, une grande partie de nos gouts et de nos idées est fonction de ces contructions de valeurs (à moins qu'il y en ait parmi nous qui pensent qu'ils ont des idées originales que personnes n'a eut avant, des idées nouvelles ex nihilo, lolz).


    En tout cas, ça fait plaisir de lire des posts bien argumentés.

  • p2mp2m avril 2009

    Ben merde, j'en loupe des choses en ne venant plus du tout en fait !

  • EnsembleVideEnsembleVide avril 2009

    A lire, un article de Leigh Alexander sur la viabilité des "art games", qui contient beaucoup plus de choses intéressantes que ses contributions sur Twitter, lesquelles sont presque invariablement de la merde, comme 90% des gens connus du jeu vidéo sur Twitter, pour une obscure raison.


    Elle parle pas mal de Tale of Tales et de Jason Rohrer, entre autres.


     

  • CortoutCortout avril 2009

    C'était un article intéressant, mais arrivé à la fin, je dois dire que je ne sais ce que je devrais en sortir... Quelle est sa conclusion, autre qu'il faut supporter de tels efforts, et attendre que par ses essais, le marché d'artsy s'élargisse?
    Mais sinon, ce que dit Jason Rohrer sur le fait que c'est encore la durée de vie qui gène le succès commercial, je pense qu'il n'a pas tort. De plus, les gens ont tendance à prendre des valeurs sures, malgré le prix peu élevé.
    Mais c'est assez comique de voir les différents marchés que tentent d'obtenir ToT [tale of tales] et le groupe Jason Rohrer/Jonathan Blow. Les premiers veulent les non joueurs qui sont rebutés par le gameplay, et les deuxièmes tentent de toucher les gamers de longues dates, qui recherchent une experience plus profonde, dans l'enceinte même du médium. Je pense que ce sera grâce à des interventions semblables à celle de ToT que le JV obtiendra une autre valeur que jeu infantile. Bon, c'est un peu difficile de montrer The Path pour dire "regarder le jeu vidéo peut être beau et intelligent", vu que l'horreur est un peu de niche, mais des jeux comme Flower sont très forts pour ça. Je l'ai pas mal montré à des non joueurs, et la remarque était toujours "Pour une fois qu'on ne doit pas tuer quelqu'un" ou "C'est beau!".
    Bref, je ne réduit pas l'impact qu'on des Braid ou Passage, mais légitimer c'est passer par un public non joueur, et donc la consécration du JV pour initiés de ce type n'a pas ce rôle. Mais si en effet, on veut surfer sur la plus qu'une niche qu'est le public pour le JV, c'est par la deuxième alternative qu'il faut passer. Je trouve donc ça presque normal que les ventes de jeux comme Braid sont plus élevées que The Path, il ne doit pas créer un nouveau public, mais simplement utiliser ceux qui ont grandis, dans le sein du public.

    Et bien sur, pour devancer Mescalito, je parle bien d'un légitimité artistique chez le grand public, pas de la labelisation officielle.

  • MescalitoMescalito mai 2009

    J'aurai juste une petite question Cortout, d'après toi, quels sont les liens entre la légitimité artistique pour le "grand public" et les processus de labellisation officiel ?


    Soyons cyniques, ne penses tu pas que la labellisation officielle devance toujours, de quelques décennies à plusieurs siècles, la légitimité artistique auprès du grand public?


    Soyons encore plus cyniques: ne penses tu pas que la labellisation officielle est une création de valeur à la fois économique et culturelle qui après n'avoir touché qu'un public spécialisé se dilue auprès du grand public à grand renfort de communication (expo, articles, histoire, etc...) ??

  • Putain Mescalito, tu viens de me détruire le souvenir que j'avais de la vision pyramidale de l'artiste dans la société selon Kandinsky, juste en remplaçant "spirituel" par "économique".

  • CortoutCortout mai 2009

    Mescalito: Je pense que la grand public possède une vision, disons, plus simple de l'art. La dénomination "art" est atteinte de façon différente, et donc tous ce qui possède une esthétique particulière, et où le but est un propos ou une émotion est rapidement appelé art. Après de l'autre côté, comme tu le soulignais, certaines pratiques sont tout d'abord labellisées, avant d'entrer chez le grand public.
    Donc après peut être que l'utilisation du mot "art" est fausse, mais ça sous entends une certaine reconnaissance, ce qui n'est pas négligeable. Mais je ne sais pas si ce que j'avance s'est déjà produit, et je n'ai aucun exemple potentiel.

  • MescalitoMescalito mai 2009

    (je me permets de sampler ce que j'avais posté dans le fameux débat le jv est il un art car ça touche particulièrement ce que tu viens de poster et j'aimerais beaucoup avoir ton avis dessus)


    Le "vision du grand public" dont tu parles est liée à l'expérience et à la culture de tout un chacun, or cette "culture" est organisée en grande partie par les collectionneurs, les conservateurs, les producteurs,...bref un "petit monde" . La culture est lié à ce que tu vois, tu lis, tu écoutes,... or cette culture est faite de telle manière que tout le monde s'accorde à dire que van gogh (par exemple) est un grand artiste car ils ont lu, vu et entendu des "choses" sur ce sujet, or l'existence même de ces choses vient en grande partie (pas en totalité, heureusement) du "petit monde" et ce petit monde est motivé par plusieurs perspectives:



    1)économique (plus un artiste et/ou ses oeuvres sont vus, plus il y a de repro qui circulent, plus on en parlent, plus on ecrit sur lui...et plus sa côte va augmenter. Donc plus les collectionneurs vont favoriser cet aspect de comm...plus les gens en entendent parler, plus ils aiment et plus ils vont aller voir cad payer le cout d'entrée d'une expo par exemple...) les exemples les plus probants restent à mon sens le cinéma et l'art contemporain.

    2) propagande culturel (contrôle de ce qui parait "highbrow"), plus il y a de gens qui pensent comme eux et plus ils ont "raison".

    3) esthétiques et éthiques (ils sont heureux que plein de gens aiment les mêmes artistes qu'eux..mais pas trop quand même, sinon ça devient trop populo...tu vois le genre)

    4) tradition (si l'archi n'était pas considérée comme un art par les francs maçons 'n co, serait elle devenu un art? Si tel aristocrate influent n'avait pas considéré l'archi comme un art, le serait elle devenu?)



    Ce qui n'est pas un art à un moment (ou qui n'apparait pas à la conscience des gens comme tel) peut le devenir si une personne friquée (le petit monde) met la machine en route (cad si elle donne des outils d'acculturation aux gens pour qu'ils comprennent "ceci est de l'art", c'est une forme de contrôle de la culture, une partie de ce qui fait "ressentir" (une fois que l'acculturation est passée dans les moeurs, ce n'est qu'une question de temps et de persévérance à donner ces outils d'acculturation, ce que les gens conceptualisaient, ils se mettent à le ressentir, c'est une tendance humaine) aux gens "c'est Bô".

    Ainsi, ce qui participe à nous faire dire "ceci est de l'art" venant de notre acculturation est en parti lié aux actions de ce "petit monde" car cela leur permet d'en retirer quelque chose de substantiel.


     


    De plus, si tu poursuis ce que tu avances, si tout objet dont le but est de susciter un propos ou une émotion est rapidement appelé art, alors le LSD est de l'art (oui, c'est de l'art mais pas de l'avis de grand public...) et un match de foot est de l'art et en allant plus loin, la guerre est de l'art...tout est art, car tout suscite un propos et une émotion...et pourtant, le grand public a la définition de l'art la plus restrictive qui soit... du coup ça ne tient pas vraiment concernant ce qui est art pour le grand public, non?

  • CortoutCortout mai 2009

    C'est une belle théorie de manipulation conspiratrice du beau monde ça.
    Je pense que ce que dit là est totalement vrai, et que c'est comme ça que ça a toujours fonctionné. Mais maintenant, notamment grâce à internet, on a accès à beaucoup plus d'information, et ce créent ainsi des microcosmes, vu qu'il doit y avoir une certaine spécialisation dans l'information que tu recueilles, partage et transite. Ainsi, de nouveaux canons de la beauté, vu qu'on parle bien de ça pour le grand public, peuvent naitre en dehors des friqués que tu citait. Et parfois, ces communautés peuvent "s'ouvrir" au monde, et ainsi partager leur vision. Je vais essayer d'aller dans le un petit plus concret. Si ses communautés exprimaient leur nouvelle vision par une pratique qu'ils considéraient comme "art". Suite à l'ouverture et propagation de leur culture, la pratique serait considéré art, sans passage dans la commission qui possède le tampon "art".
    Bref, c'est-ce pas une belle histoire? Tout ça pour dire qu'il y désormais de nouvelles manière d'atteindre le grand public, sans l'action des grands.

    Et pour la définition que j'ai donné, j'ai bien conscience qu'elle ne s'applique pas à tous, mais c'est ce qui relie chacune des choses qu'ils appellent art. Mais si on ajoute sur leur liste "art" les jeux artsys, et je ne me considère pas du tout comme les grands qui le font pour les intérêts que tu a cité, ils le considéreront comme art, sans passage en commission.

    En fait on reviens toujours au "je te dis que c'est de l'art", sauf que je ne fais pas partie de ceux qui peuvent légitimer un art. Donc finalement, tu as raison, c'est par une certaine manipulation de la culture qu'un art peut devenir grand public.
    C'est presque déprimant.

  • MescalitoMescalito mai 2009

    Je ne pense pas que l'on puisse parler de conspiration ou de machiavelisme dans le cas de construction de valeur culturelle, seule une infime partie des acteurs agit volontairement dans ce sens...par exemple durant la guerre froide, la manipulation culturelle des etats unis passait par le sponsoring des penseurs européens se rapprochant le plus de leurs valeurs, ils donnaient ainsi plus de visibilité à leurs idées qui à force de répétition allaient petit à petit se diluer dans l'inconscient collectif, cad qu'ils participent à orienter la perception du public (c'était comme ça dans les 2 blocs)...cet exemple parait hallucinant mais en même temps il n'y a qu'une prise en compte des dispositions purement cognitive des gens, et ça ne peut marcher que sur des données larges et floues, il est question de valeurs, d'idées génériques et non pas d'idées précises (j'espère que c'est compréhensible).


    Dans le cas de l'art, je ne pense pas que la plupart des acteurs voient les choses de cette manière, il n'y a pas de machiavélisme mais plutôt une volonté de souligner à quel point telle oeuvre et tel artiste sont "super" et donc on les rend visible via différents supports pour différentes raisons: faire augmenter la cote/se faire du fric, montrer à quel point c'est super, et surtout de manière carriériste (les personnes rendant visibles les oeuvres et les idées se rendent elle même visible et acquièrent elle même une légitimité, construisent leur CV,...), ...ainsi c'est juste de la comm (je n'irais pas jusqu'à parler de propagande).


    Le "pb" principal reste l'attitude de la personne face à ce type de comm et la foi placée le plus souvent inconsciemment dans les institutions culturelles (instances de légitimation) et donc la foi placé dans le musée et dans l'art lui même (les présupposés qui sont rarement remis en question), même si cette attitude et cette pseudo foi ont été en partie construite par une succession de contexte (l'évolution des "lois" des musées de la révolution à nos jours reste à ce titre exemplaire et montre vraiment ce qui constitue des bases importantes de la perception de l'art par le grand public).


    Cependant, il ne faut pas oublier que la plupart des acteurs des mondes de l'art n'agissent pas en pensant qu'ils vont purement créer une valeur qui va s'insisuer avec le temps au sein du grand public, le fait que telle ou telle valeur ou bien telle ou telle perception s'insinue auprès du grand public vient en partie de personnes qui agissent dans ce sens mais aussi est liée à l'interaction de nombreux acteurs de ces mondes de l'art, du coup la plupart du temps il y a aussi une grande place pour le hasard.


    Je suis d'accord avec ton premier paragraphe mais il faudrait que ces communautés virtuelles aient une grosse visibilité (et un minimum de crédibilité, qui s'acquièrent avec le temps, avec le fait que telle ou telle personne faisant partie de ces communautés soient connues, etc...)pour que de nombreuses personnes aient connaissances de ce qu'elles "disent" afin que leurs valeurs puissent potentiellement être transmises. On en revient toujours à la visibilité, sinon ça reste underground-inconnu ne touchant qu'un tout petit microcosme et ça n'a de valeur qu'au sein de ce tout petit microcosme du fait de la non transmission en dehors (de ce microcosme). Comme tu le notais, il faut de la propagation, mais ça se fait rarement tout seul.

  • CortoutCortout mai 2009

    Non bien sur, je doute que toutes les valeurs culturelles soient diffusés uniquement par gout de manipulation, mais le fait de ne pas le voir via la sensibilité de la personne donne vraiment cette impression.

    Et pour la propagation, c'est un peu ce que l'on fait, non? Bien sur, nous ne sommes pas des têtes d'affiches ultra-connues, mais de mon côté en tout cas, elle commence à s'immiscer dans la culture de pas mal de personnes, et j'ai bon espoir que si ils tombent de nouveau dessus, ils pourront lui donner un nom, et un concept général. C'est un début positif!

  • MescalitoMescalito mai 2009

    Pour la propagation, ce n'est pas vraiment ce que l'on fait, pour que la diffusion soit opérante, il faudrait la travailler réellement ce que l'on est à des années lumières de faire, là on discute juste sur un forum, c'est complètement différent...la quête de visibilité, la comm, c'est un boulot à part entière, ça ne se fait pas comme ça poupouf magie...mais je ne dis pas non plus que ce que nous faisons ici est inutile et/ou n'a aucune valeur...

  • Seagirl juin 2009

    Ayant lu vos commentaires passionnants sur ce jeu j’ai eu envie d’y aller voir et l’ai acheté. Expérience très intéressante qui m’a donné envie de réagir ici, j’espère ne pas arriver trop tard et donc mal à propos.

    Je ne suis pas une gameuse nostal-geeek, parce que jeune gameuse (vous noterez que le qualificatif s’adresse ici au mot gameuse). Et je n’ai donc aucune des références citées dans vos commentaires érudits. Ce qui me donne aussi peut-être ce regard quasi naïf et encore émerveillé de petite fille, qui me porte et me rend parfois exaltée ;)

    Je viens de l’écriture. Et la question de l’art ou pas, en littérature, me travaille depuis longtemps. J’ai écrit des livres pour la jeunesse (édités et vendus par dizaines de milliers) pourtant je peine à me dire écrivain « pour ça ».

    Auteure, oui… écrivain, artiste donc, c’est autre chose. Sans réussir à bien exprimer ce paradoxe, je voyais bien que c’était dans mes nouvelles, non publiées pour le coup, que je me sentais « artiste » et j’en étais là de mes cogitations sur ce qui est art ou pas.

    Il y a peu j’ai lu un dossier dans le Monde des Livres qui m’a éclairée. Pour l’essayiste interrogée (Cécile Guilbert), l’objet de la littérature (l’art en écriture donc) n’était pas la réalité à décrire mais le réel à exprimer, c’était « l’impossible » selon Bataille ou le manque, la déchirure, la faille (je dirais l’entre-deux), suscitant langage et fiction quel que soit le genre ou (je rajoute) le média choisi.

    Ainsi donc serait « Œuvre d’art » tout objet qui exprimerait une part de l’indicible, un langage de la détresse d’être humain, à condition bien évidemment de pouvoir la ressentir, la penser, la traverser puis l’exprimer afin de la rendre « lisible ».

    Ensuite, que cet objet soit un conte, un roman, une peinture, un film, une photo ou un objet interactif (pour ne pas parler de jeu), peu importe. Cet objet parle-t-il au réel qui nous anime ?

    Pour moi, The Path rend compte de cet « impossible » et pourrait donc prétendre au statut d’œuvre d’art si, peut-être, notre regard sur l’objet n’était pas pollué par cet attribut de « jeu vidéo » . D’ailleurs, je ne l’ai pas vécu comme un jeu, plus comme un conte interactif, un court métrage animé interactif, une histoire dont vous êtes le héros, un jeu-objet peut-être, comme il y a des livres-objets ?

    Enfin… bien autre chose, qui m’ouvre de nombreuses perspectives et que je suis sincèrement ravie d’avoir découvert grâce à vous. Merci.

  • KalesKales juin 2009

    Quel dommage, quand même, que mon compte Steam soit incompatible avec ma carte de crédit...
    Je suis de plus en plus curieux de goûter à The Path, même si honnêtement, je pressens qu'il n'invente rien.

Bien le bonjour, visiteur.

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