Le site probablement pas pour toi, qui vient de passer à Vanilla 2 à l'arrache, et qui va mettre un certain temps avant d'être à nouveau opérationnel (ou du moins Über avec un Ü).
Pitoum - Les Contes de mon Père
  • EnsembleVideEnsembleVide février 2008


    Pitoum, c'est le genre de mec aisément qualifiable de prolifique. Il aurait pu attendre deux ou trois ans après l'Amour avec un Traversin, mais non, le voilà déjà de retour avec un nouveau livre, dans la droite lignée du précédent, au point qu'il pourrait presque en être la suite. C'est un peu le même, d'ailleurs, mais... refermenté en bouteille.



    Si c'était une bière, elle aurait la même saveur, mais sa robe serait plus sombre, son amertume plus marquée, son caractère plus affirmé, son taux d'alcool plus élevé. Sauf que le personnage principal préfère l'Ice Tea, donc la métaphore s'arrête là. Il ressemble beaucoup à celui de l'Amour avec un Traversin, arborant un air de famille teinté d'autobiographie en proportions difficilement estimables.



    Mais au lieu d'enfance et d'adolescence, il est davantage question d'adolescence et d'âge adulte. Les ingrédients sont presque les mêmes, ce sont les quantités qui changent. On nage toujours dans le sexe, le mal-être, la solitude, les difficultés avec la gent féminine et la loi de Murphy appliquée, mais aussi dans le rock, et dans l'imaginaire qui va avec.



    C'est là que l'histoire prend racine, et se structure d'une façon assez consistante, contrairement à l'Amour avec un Traversin, qui était nettement plus linéaire. Non que l'on soit plongé dans une intrigue haletante, mais dans les Contes de mon Père, les points de vue se multiplient avec les personnages, qui ont chacun leur mot à dire, qu'il s'agisse du clochard souvent croisé par notre héros, d'un routier qui le prend en stop, de Clémence, la poutre à qui il fait ses confidences, ou encore de son père, figure centrale comme on peut le deviner.


     




    La couverture, qui fait bien rire une fois qu'on a lu le bouquin.






    Son père, il raconte des histoires à la morale aussi douteuse que nuancée, parfois sur le ton de la conversation, parfois directement insérées dans le texte. Il fume des joints, parle de liberté, prêche la bonne musique, transmet la connaissance sacrée de Pink Floyd. C'est une espèce de mentor qui se prend sérieusement pas au sérieux, un modèle qui refuse d'en être un, un rebelle trop vieux pour être crédible, ou trop crédible pour être vieux.



    Ses contes, on ne sait pas trop s'ils sont géniaux ou grotesques. Sans doute un peu des deux, et peu importe, car ce sont les siens. C'est ainsi que l'on navigue entre la difficulté d'être du jeune adulte, les réminiscences de l'innocente petite enfance, et les références d'une génération qui ne sont au premier abord ni celles du narrateur ni celle de l'auteur, ni même celles du lecteur, mais qui ont en vérité l'envergure d'un héritage curieusement intemporel.



    Peut-être que Pink Floyd, Deep Purple, Led Zeppelin, Joe Cocker et Guns n' Roses sont un peu trop classiques, trop représentatifs d'une époque - de plusieurs époques - pour que l'on croie vraiment à ce père, qui quelque part a tout du personnage de conte. Mais peut-être aussi qu'en tapant dans la mythologie la plus évidente des années 70-80, sans essayer d'y puiser des références plus obscures, on peut parler aux gens du vingt-et-unième siècle, à ceux qui ont grandi avec Internet, et les plonger dans une histoire plutôt que dans un cours d'histoire.






    Internet, d'ailleurs, possède l'étrange faculté de mettre toutes les traces d'un même individu au même niveau. Pitoum a écrit deux livres (sans parler d'une pièce de théatre), qui visiblement contiennent une bonne part de sa vie, et les a diffusé en ligne. Mais on peut aussi, sans trop chercher, trouver ses vidéos, ses commentaires dans divers forums, ses nouvelles, son blog... qui forment autant de fragments de son existence, d'indices, que l'on retrouve dans ses publications "officielles", certes retravaillés et compilés, mais tout de même reconnaissables.



    Un peu tristes, un peu drôles, un peu fantasques, un peu acerbes, toujours touchants, les Contes de mon Père méritent votre attention. Certes, il est difficile de se faire un avis objectif quand on connaît un peu le bonhomme, mais quand bien même, pour la somme astronomique de 1€, vous pouvez courir le risque de ne pas aimer, et du même coup encourager quelqu'un qui pourrait bien avoir du talent. N'oublions pas que le prix des pâtes a sensiblement augmenté.


     


    Les Contes de mon Père sur lulu.com

    L'Amour avec un Traversin sur lulu.com (qui est d'ailleurs gratuit)

    L'Amour avec un Traversin sur ÜberClub (l'article, pas le livre)

  • p2mp2m février 2008

    C'est malin, j'vais être obligé de rééditer les remerciements (et en profité pour corriger les fautes qui traînent).


    Juste sinon, merci. T'en parles vachement mieux que moi en fait. Et tu as en même temps mis le doigt sur un point douloureux qui m'a fermé les portes de l'éditeur pour lequel je l'ai initialement écrit. Ouais y a toute une histoire derrère l'histoire. Elle serait sûrement intéressante à raconter d'ailleurs.


    Edit : Mais c'est bien de mettre le doigt dessus. Parce que maintenant j'en suis convaincu.

  • yabaiyabai février 2008

     


    Citation de p2m :

    Edit : Mais c'est bien de mettre le doigt dessus.



     


    Mon ex disait toujours la même chose.


     


    Oui la semaine a été longue, la preuve, je prend le temps d'écrire ça sur Uberclub, un peu honteux mais quand même.

  • p2mp2m février 2008

    J'ai une phrase fétiche en ce moment : "C'est ce qu'elles disent toutes."


    Insupportable pour ceux qui l'entendent, mais génial quand on est adepte de l'autoflagellation.

  • DarkNemoDarkNemo février 2008

    On peut aussi dire "That's what she said".


    Livre acheté avec succès sur Lulu, plus qu'à attendre de le recevoir.

  • yy mars 2008

    Checkin-checkout mec, bravo.

  • p2mp2m mars 2008

    Le sens de l'expression m'échappe mais merci !

  • C'est parce que tu t'es pas tapé de formation sur Alienbrain à SIG en 2003. Ou peut-être en 2002. Enfin, ce qui est sûr, c'est que c'était chiant.

  • Tu te rends compte que tu as un alter ego féminin sur Skyblog ?

  • p2mp2m mars 2008

    Ouais, j'avais vu, et ça m'avait rendu triste.

  • DarkNemoDarkNemo mars 2008

    Et voilà, livre reçu (y'a un bon moment), puis lu (par ma mère aussi) et verdict très professionel : encore mieux que le Traversin.


    Les personnages secondaires, dont celui de la poutre, sont vraiment superbes.

    Ca se lit de la première à la dernière page très rapidement, surtout parce qu'on a du mal à s'arrêter tellement la lecture est fluide et le style agréable.


    Suivant !

  • p2mp2m mars 2008

    D'abord, je faiss jouer ma pièce, ensuite je meurs un peu, et après... on verra.


    Très heureux en tout cas :)


    Merci.

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