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Alfonso Cuarón - Les Fils de l'Homme
  • EnsembleVideEnsembleVide juillet 2007


    Les fils de l'homme est un film assez intimiste, un "huis-clos à l'echelle de l'humanité", bien monté, bien réalisé. Les personnages sont crédibles, les situations ne sont pas exagérées, et chaque scène est pensée dans le détail, souvent avec une excellente lumière, sombre et glauque à souhait.

    Et ce qui m'a fait l'apprécier, comme souvent, réside à bien peu de choses; particulièrement au fait qu'on ne m'en avait pas ressassé les oreilles avant que je le voie. Et que je ne connaissais rien de l'intrigue. Respectant cet état de fait, vous n'en saurez donc pas plus :) ou presque.



    Alfonso Cuarón a choisi l'anticipation pour raconter son humanité. Le film se déroule en 2027, juste après la mort du "plus jeune être humain", le drame de l'époque. Voyez-le pour en savoir plus.

    Aussi alambiqué puisse paraître cette formule, le monde et le film tiennent carrément debout.



    Pour une fois, les avancées technologiques inhérentes à l'anticipation ne sont pas caricaturées. La science y est sussurée, mise en retrait. elle porte le propos du film, rappelle qu'on nous montre un futur hypothétique, mas reste invariablement crédible, légère, sans être saturée d'enseignes McDonald et de logos Nokia, ni de gadgets geekoïdes tordus, qui n'ont aucune chance de se populariser en moins d'une génération.


     


    Comme le film n'explique pas pourquoi l'infécondité des femmes a frappé l'humanité, on ne se perd pas dans des successions de séquences chiantes, compliquées, alambiqués et réfutables. Non, ici on part d'un constat, on le pose sur la table, et on ne s'attarde pas. on avance. Bon parti pris.


    Au final, le film est plaisant. Plaisant dans le sens glauquissime et apocalyptique.


    Il bénéficie d'une réalisation sincère, inspirée, où le son et l'image travaillent de concert à aider la mise en scène à peindre un background très détaillé.


    On notera même un plan séquence d'au moins 5 minutes, en pleine guerre -civile- de tranchée, époustouflant de réalisme, qui dénote manifestement du soin apporté à la réalisation du film.


    Un film de science-fiction dont l'univers n'est finalement qu'un prétexte à écrire quelque chose de plus vrai et de plus tangible. Un film passe-partout, en ceci qu'il plaira à tous les genres de spectateurs.



    Je ne vous en dis pas plus. Voyez-le, un point c'est tout.




    Les Fils De L'Homme - Edition Speciale - 2 DVD

     

  • EnsembleVideEnsembleVide juillet 2007

    Je confirme qu'il s'agit d'un excellent film. Pas exactement à regarder pour passer un bon moment, vu que c'est quand même du glauquissime bien appuyé - sans pour autant sombrer dans le mélodrame. Ca tape fort là où ça fait mal, en décrivant très sobrement une humanité qui part royalement en couille, mais finalement pas tellement plus que maintenant, et c'est là où le décalage subtil fait son office.


    En quelques répliques, quelques images, le réalisateur arrive à faire passer une grande quantité d'informations sur l'état de cette société somme toute pas très futuriste, avec moult petits détails croustillants / amusants / affreux qui donnent un ton très crédible à l'ensemble. En prime, les scènes d'actions sont d'une rare violence, sobres, sans concession mais néanmoins impressionnantes : on en prend plein les yeux sans tomber dans l'effet spectaculaire gratuit.


    Seul bémol, je trouve que le titre en français est vraiment pourri. Ils auraient pu appeler ça Enfants des Hommes, ou à la rigueur Les Enfants des Hommes, mais là pfff, n'importe quoi. Children, ça veut dire Enfants, Sons, ça aurait voulu dire Fils. C'est d'autant plus crétin que le film ne se focalise pas sur le concept de fils ou de fille mais uniquement sur celui d'enfant.

  • Sacoche1erSacoche1er juillet 2007

    ils voulaient peut-être dire les fils de fer de l'homme.


    Va savoir.

  • DayveDayve juillet 2007

    Un film que j'ai vu à deux reprises en une semaine, il n'y a pas si longtemps. En fait, si l'on ne m'avait pas parlé du clin d'oeil à Pink Floyd (le cochon flottant que l'on aperçoit sur une séquence), je n'aurais probablement jamais vu ce film. Je dois dire que Les Fils de l'Homme est une bonne surprise. Un scénario efficace pour une ambiance sincère, pour reprendre les mots de Sacoche1er. Ce qui m'a particulièrement attiré dans ce film, c'est justement cette approche non caricaturale du future. Les rues de Londres semblent être celles de notre époque, en bien plus sombre tout de même. Ce que je veux dire, c'est que je n'ai pas été rebuté par une vision trop "technologique" du futur, pas de laser, pas de robots ni de combinaisons anti-radiations cosmiques. Bref, un film mature et solide.

  • EnsembleVideEnsembleVide juillet 2007

    Très juste, la référence à Animals m'a aussi fait bien rigoler, d'autant que la scène est assez longue et que le cochon gonflable donne un côté vraiment surréaliste au décor.

  • Sacoche1erSacoche1er novembre 2007

    Je viens de découvrir qu'il a aussi été le réalisateur de Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban.


    Voilà c'est dit, je m'épanche pas sur la question.

  • EnsembleVideEnsembleVide novembre 2007

    Moi, je viens de découvrir que John Malkovich a vendu son âme à Sony et fait de la publicité pour les Vaio. Merde quoi, il aurait pu en faire pour Microsoft que j'aurais juste trouvé ça triste, mais là...

  • p2mp2m janvier 2008

    C'est marrant parce qu'en parallèle j'écris sur le topic de Idiocracy et je me dis que les deux films décrivent une humanité qui part en couille avec brio, mais de manière complètement différente.


    Ca faisait un petit moment que je voulais voir ces Fils de l'homme. Je l'avais loupé au ciné (pour cause de non-VO dans ma ville) et me suis rattrapé il y a un ou deux mois en achetant le DVD. Ce que je ne regrette pas du tout par ailleurs. Pour souligner ce que dit Dayve sur l'approche non caricaturale du futur, c'est globalement pour ça que je fais, comme en littérature, la différence entre l'anticipation et la science-fiction. La science-fiction se base essentiellement sur l'évolution technologique des sociétés, alors que l'anticipation (génralement à plus court terme) sur l'évolution de la pensée, de l'espèce, des valeurs etc.


    Bref, le scénario est au poil et le jeu d'acteur super crédible. Quand à la réalisation, y a pas, je suis fans de la sobriété anglaise. Propre, net, on sait ce qu'on voit et pourquoi on le voit. Mention spécial au plan-séquence final à l'hôpital qui a du demander pas mal de temps de répétition et synchronisation (et qui est à mon avis plus impressionnant que l'intro de Breaking News que j'ai eu en DVD à Noel et qui m'a vachement déçu...)


    Je suis fan des plan séquence, Kassovitz aussi. Et j'aime Kassovitz.


    Globalement, je plussoie à mort donc, même si comme dirait ma coloc' "Hey, mais on comprend rien à la fin."


    C'est sûr faut suivre (mais c'est pas si dur franchement), mais ça fait du bien de réfléchir. Et c'est pas Joe qui me contredira.

  • EnsembleVideEnsembleVide février 2009

    Juste pour signaler que je viens de mater le troisième Harry Potter, et qu'à ma grande surprise, c'est Cuarón qui l'a réalisé. Il est largement supérieur aux deux premiers (regardables, commis pas le type qui a fait les Home Alone) et tout à fait glauque, comme on peut l'attendre de l'ami Alfonso. J'irais même jusqu'à dire qu'il est très réussi, même si les gens qui n'ont pas lu les livres risquent de ne pas tout comprendre et de moins l'apprécier.

  • Sacoche1erSacoche1er février 2009

    Citation de Sacoche1er le 22/11/07 :

    Je viens de découvrir qu'il a aussi été le réalisateur de Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban.

    Voilà c'est dit, je m'épanche pas sur la question.


    Bon, en même temps, ça date de 15 mois, t'as presque une bonne excuse. Presque.


  • EnsembleVideEnsembleVide février 2009

    Comme si on relisait un sujet d'il y a quinze mois avant de poster un truc quand on veut justement éviter d'en créer un nouveau :P


    Bah ouais, il y a quinze mois, je n'avais pas lu Harry Potter, donc regarder les films ne me serait jamais venu à l'esprit. J'ai donc dû faire passer cette information dans la catégorie "trucs à oublier très vite" vu mon non-intérêt pour la chose à l'époque... Mais depuis que je me suis tapé le cycle en version originale, je me suis dit que regarder les films me permettraient d'en dire du mal.


    Donc, justement, ça m'intéresserait que tu t'étendes sur la question.

  • Sacoche1erSacoche1er février 2009

    Euh ... En fait j'ai été surpris par ton jugement.


    Certainement aidé par le surdimmensionnement médiatique et économique gargantuesue de la licence Harry Potter que l'on connait, je n'a jamais vraiment regardé les films comme autre chose que des commandes. Malgré le succès apparement plus ou moins légitime des livres, à la base.


    Celui dont tu parles, de mémoire, est celui ou son oncle revient, à grands renforts de loups garous et d'autres trucs qui font peur. Je ne me souviens pas de quoi que ce soit de notable, à part le budget du film, 130 millions d'euros.


    Mais comme je le soulignais au dessus, mon parti pris m'a peut-être (certainement) empéché de regarder le film à travers un prisme différent que celui du divertissement enfant.

  • EnsembleVideEnsembleVide février 2009

    En fait, j'ai complètement été épargné par la vague Harry Potter et je n'ai mis le nez dedans que très récemment, plutôt par hasard, et j'ai été surpris par la qualité des bouquins. Les films sont comme tu le dis des commandes, mais justement, celui réalisé par Cuarón sort carrément du lot (mais c'est clair qu'il doit paraître assez anodin si on ne connaît pas les bouquins).


    Les bouquins, faudrait que j'en parle quand j'aurai le temps que je n'ai pas, mais je les ai trouvés étrangement adultes, justement, avec une profondeur pas si pleine de bons sentiments que ça, et une noirceur certes pas cookienne, mais tout de même bien tangible et oppressante. Plus ça avance plus ça devient glauque, plein de gens sympathiques meurent salement, le tout dans un contexte de montée d'un régime fasciste plus que légèrement hitlérien. Les bouquins semblent valoir leur succès aux écoles de magie, aux soucis d'adolescents et à l'univers développé (qui, bien que sans grande originalité, est plutôt bien construit, faut reconnaître).


    Mais le plus intéressant est de loin l'évolution des personnages, rythmée par le lent partage en couille du monde dans lequel ils vivent. C'est plein d'inquiétudes très actuelles, très peu moralisateur, en un mot... intéressant. Et bien sûr, les films tranchent dans le vif en débitant cinquante pages en deux minutes (voire en zéro minute) ce qui ne rend que très approximativement justice à l'ensemble.


    Ce qui me fait songer que l'état du cinéma est bien aussi triste que celui du jeu vidéo, mais ceci est une autre histoire...

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