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Take it heavy...
  • PtijeremPtijerem février 2007

    [align=center][img]/img/pour-les-yeux.gif[/img][/align]


    [b]L’armure médiévale à travers l’histoire, les jeux de rôles, et les jeux vidéo.[/b]


    À première vue le garde républicain planté devant l’Élysée en tenue d’apparat et le premier G.N.iste* venu surpris en pleine partie de Conan n’ont pas spécialement de points en commun. Et pourtant… tous deux portent sur eux un vestige du passé, un descendant de l’antique armure de bataille médiévale, l’un issu en droite ligne d’une constante ré-adaptation historique de cet équipement légendaire, l’autre ayant été recréé en passant par le filtre de l’imaginaire héroïque-fantaisiste, lui-même fortement influencé par l’imaginaire romantique du 19ème siècle, et adapté à son utilisation ludique.

    (* G.N.iste : joueur de jeu de rôles Grandeur Nature ; à noter que seul le G.N.iste est surpris en pleine partie de Conan, pas le garde républicain.)




    [b]Mais à quoi sert l’armure de bataille médiévale, et d’où vient-elle ? [/b]

    L’armure, comme son nom ne l’indique pas forcément, sert à ne pas avoir mal quand on se prend des coups. En cela l’existence de l’armure est quasiment impossible à dater et elle peut se constituer de toutes sortes de matériaux, tels que le cuir, le bois, ou le métal en fonction des époques et des cultures. Nous nous intéresserons ici à l’époque dite médiévale située entre la chute de l’empire romain d’Occident et celle de l’empire romain d’Orient, ainsi qu’à ses héritages culturels.



    [b][quote]Vers 500…[/quote][/b] C'est donc la chute de l’empire romain d’Occident. On se donne des coups furieusement à tout va, les tribus barbares prennent enfin leur revanche sur Rome et c’est le mélange de ces différentes cultures barbares qui va donner son identité au Moyen-Âge.

    Chez les barbares on ne se protège quasiment pas. Contrairement aux Romains bardés de cuir et de fer, les tribus chevelues qui se partagent l’Europe ont souvent en commun ce mépris culturel de la protection (un guerrier qui a besoin d’une armure est un guerrier qui ne sait pas se défendre). Ils portent parfois un casque et surtout un bouclier. Chez les peuples celtes, et notamment chez les Gaulois, on partait nu pour sa première bataille simplement équipé d’une épée et d’un bouclier afin de prouver sa valeur.

    [b]La broigne[/b] semble être le plus ancien vêtement militaire en métal dont nous avons la trace.

    C’est à l’origine une armure de torse, dépourvue de manches, composée d’un support de cuir sur lequel sont fixées des mailles en fer, rondes ou carrées. Ces mailles pouvaient être superposées et imbriquées de façon à couvrir le rivet, donnant le style «écailles de poisson», ce qui rendait l’armure plus efficace mais plus lourde.

    Cette armure primitive ne protégeait donc que le tronc, la partie du corps la plus large et par là la plus apte à recevoir des coups.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/broigne.jpg[/img][/align]

    Un autre modèle de broigne dite " treillissée " était fait de [b]cuir clouté[/b]. Ce type d’armure est cependant sujet à controverse, et serait peut-être une mauvaise interprétation datant du 19ème siècle. Dans les [b]jeux de rôles[/b] sur table le cuir clouté a pris une importance démesurée car il a souvent représenté la première classe d’armure valable, supplantant ainsi dans l’imaginaire des joueurs l’armure basique la plus souvent portée : la broigne classique composée de carrés de métal fixés côte-à-côte par des lacets, ou rivetés en écailles de poisson.

    Il existait parallèlement à ces deux types de broigne une troisième sorte appelée " broigne treslie ", constituée d’anneaux de fer entrelacés et appelée aujourd’hui [b]cotte de maille[/b]. Plus souple, plus légère, plus agréable à porter mais beaucoup moins résistante. Également plus difficile à réaliser et donc plus chère, cette sorte de maille semble n’avoir au début équipé qu’une élite.



    [b][quote]Vers 800…[/quote][/b] [align=center][img]/uploads/2007/01/illus-vikings.jpg[/img][/align]


    ...c’est l’époque des incursions vikings. Les guerriers de toute l’Europe ne se sont jamais pris autant de coups dans la figure. À force de se faire taillader les membres sur les champs de batailles on pense à ajouter des manches à la cotte de maille et à l’allonger jusqu’à couvrir les cuisses.

    Elle se complète également d’une coiffe assortie et indépendante, le [b]camail[/b], sorte de capuche de mailles par-dessus laquelle on peut porter un casque.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/camail.jpg[/img][/align]


    La cotte de maille reste cependant très imparfaite. Les boucliers sont toujours l’élément défensif primordial contre les lances, les haches et les coups d’épées. Les guerriers ont la fameuse allure du guerrier carolingien avec son casque conique à nasale, sa cotte de maille longue (également appelée haubert) serrée à la taille, et portant à la main un bouclier allongé en forme d'amande.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/carolingien.jpg[/img][/align]


    Les guerriers de cette époque semblent avoir très peu influencé l’imagerie médiévale que l’on peut retrouver dans les jeux de rôles et les jeux vidéo, exception faite des [b]Vikings[/b]… lesquels ne portaient pas d’armure, d’ailleurs, et semblaient avoir une nette accointance pour les amanites séchées… bien que la légende ait très probablement amplifié et déformé une pratique minoritaire.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/berserk.jpg[/img][/align]



    [u]Lien qui a de la barbe :[/u] [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Berserk]la légende Berserk[/url]

    [b][quote]L’An Mil[/quote][/b] Nous voici déjà à la moitié du Moyen Âge. C'est la fin des invasions barbares et des raids vikings. La société évolue vers un système féodal, les guerres changent et l'équipement militaire aussi.

    1096 – 1099: première croisade. Prise de Jérusalem.

    On se rend compte aujourd’hui que les guerriers musulmans que l’on a longtemps cru voir combattre bêtement sans protection portaient en réalité le [b]Kazaghand[/b]. Quoique probablement réservé à l’élite, vêtement et armure à la fois, il se constitue de plusieurs couches de toile et de laine, d’un haubert (cotte de maille longue), et d’un revêtement de tissu et de soie, donnant l’illusion d’un habillement de luxe et cachant une protection guerrière non négligeable.



    [b][quote]Vers 1100…[/quote][/b] La lourde broigne commence à disparaître pour laisser entièrement la place à la cotte de maille.

    Réservé aux chevaliers, le [b]haubert[/b] se complète de chausses couvrant les pieds, les jambes et les cuisses, et se porte par-dessus un [b]gambison[/b] de cuir ou de toile rembourrée qui amortit le poids, les frottements et les coups. Par dessus le haubert se porte une cotte en étoffe qui protège également contre l’échauffement au soleil, lequel tape dur lors des croisades et a tendance à transformer les armures de mailles en plaques de cuisson. Les croisés qui reviennent en reviennent plus instruits et le port de la surcotte en tissu se généralise.


    [align=center][img]/uploads/2007/01/1100.jpg[/img][/align]


    Dans certains jeux de rôles le [b]gambison[/b] est une armure à lui seul et peut se porter indépendamment de la cotte de maille, ce qui semblerait être une erreur bien que le gambison ait bel et bien un rôle protecteur. Il n’est en réalité que la pièce d’armure/d’habillement que l’on porte entre les vêtements et les mailles d’acier.

    Selon certains documents les chevaliers en société se baladaient volontiers en gambison plutôt qu’en armure, ce vêtement étant en soi un symbole de leur condition guerrière, mais il n’a vraisemblablement jamais été utilisé tel quel sur le champ de bataille.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/gambison.jpg[/img][/align]



    [b][quote]Vers 1250…[/quote][/b] Apparaissent des [b]ailettes[/b] sur les épaules, plaques de fer maintenue par des courroies sous les aisselles et s’appuyant sur les joues du casque pour former un plan incliné. Elles servaient à parer les coups glissant du heaume vers les épaules et fracturant les clavicules.

    Des plaques de renfort dites " [b]plates[/b] " en cuir, fer ou laiton furent cousues sur la maille, d’abord sur les tibias (grèves) et les genoux (genouillères), puis sur les coudes (cubitières). Il existe également une manière d’assembler les mailles, dite [b]maille royale[/b], qui consiste à doubler le nombre de mailles et l’épaisseur du haubert. Elle n’est généralement pas appliquée à toute l’armure mais seulement à certaines zones (épaules, mains…).

    [align=center][img]/uploads/2007/01/guerrier.jpg[/img][/align]




    [b][quote]Vers 1350…[/quote][/b] L’armure se ferme avec l’apparition du plastron lourd.




    [b][quote]Vers 1370…[/quote][/b] Première apparition du [b]harnois blanc[/b], la fameuse armure complète. Elle pèse entre 25 et 30 kilos, son épaisseur varie d’1,5 à 2 mm en fonction des zones, et son utilisation nécessite un véritable entraînement.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/harnois-blanc.jpg[/img][/align]


    Ses plus grandes failles sont ses articulations, très faciles à percer car dépourvues de plaques, surtout si l’on a pris soin au préalable de désarçonner le chevalier violemment et de le laisser s’assommer au sol. Allongé avec plus de 20 kilos de matériel sur le dos, il a rarement le temps de se relever avant qu’on ne lui glisse une lame entre le casque et l’armure…

    Si les chevaliers entre eux préfèrent se faire mutuellement prisonnier afin de réclamer une rançon et d’avoir l’occasion de se retaper dessus lors d’une bataille prochaine, les soldats à pieds issus du peuple n’ont aucun scrupule à égorger des aristocrates ni à piller leurs cadavres.

    Des pièces d’armures se développent, telles que le [b]gorgerin[/b], la [b]braconnière[/b] et les [b]tassettes[/b], servant de lien entre les grandes plates et protégeant les zones sensibles par des formes sur lesquels les lames ennemies sont appelées à glisser, ou se rajoutant à l’armure sous forme de plaques mobiles afin d’adapter la protection à la pratique de l’équitation.


    [align=center][img]/uploads/2007/01/tassettes.jpg[/img][/align]


    [align=center][img]/uploads/2007/01/braconnieres.jpg[/img][/align]



    Réservé au chevalier, comme l’a tout d’abord été le haubert, le harnois blanc devient le symbole de la chevalerie, participant au mythe du [b]guerrier implacable, indestructible, droit, franc, fier, honnête et bienveillant[/b]. Le surhomme, l’exemple type du soldat du Christ. La figure du chevalier a en effet longtemps été utilisée par l’Église à des fins de propagande.

    Longtemps après l’invention de la poudre à canon, la fin du Moyen-Âge et l’abandon des armures complètes sur les champ de batailles, le harnois conservera un fort pouvoir évocateur, symbole à lui seul des valeurs chevaleresques.

    Dans la culture [b]héroïc-fantasy[/b] le chevalier en armure représente le nec plus ultra du guerrier et on le retrouve régulièrement dans tout ce qui a trait de près ou de loin à un univers médiéval-fantastique.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/adoubement.jpg[/img][/align]

    Souvent investi de toutes les valeurs morales citées précédemment, il n’est pas qu’un simple guerrier. Un chevalier, même banni, n’est pas considéré comme un simple rôdeur… le chevalier a, de par son statut, une mission divine. Et on reconnaît un chevalier à son harnois. Bref. Plus qu’une protection matérielle, l'armure devient une protection spirituelle (probablement surtout depuis la culture médiéviste romantique du 19ème siècle).

    Dans les jeux et les romans l’armure est parfois dotée de pouvoirs magiques et souvent elle ne semble pas posséder les inconvénients de ses homologues historiques tels que le poids, l’encombrement, et le fait que ça commence à gratter en-dessous lorsqu’on la porte plusieurs heures d’affilée.

    [align=center][img]/uploads/2007/01/harnois-nain.jpg[/img][/align]





    [b][quote]1415[/quote][/b] Bataille d´Azincourt. Grosse dérouillée des chevaliers en armure face aux archers anglais et premier revers historique de l’armure complète. Les chevaliers ne peuvent rien face à la très grande vélocité des traits tirés par les célèbres [b]long bows[/b] bretons qui percent le métal sans difficulté. Une grande partie de la fine fleur de la chevalerie française meurt au combat avant d’avoir pu entamer le corps-à-corps.

    Ce qui devient amusant à cette époque c'est également de constater l'évolution de l'armement manuel des chevaliers provoquée par les progrès considérables de l'armure.

    Dans la première moitié du Moyen Âge déjà, les épées autrefois conçues pour être utilisées de taille (bout rond et long tranchant) ont été modifiées pour frapper d'estoc, et ainsi avoir plus de chance de percer les lourdes cottes de maille. À présent qu'une épée n'a quasiment aucune chance de traverser un plastron digne de ce nom les jouets de l'aristocratie médiévale se transforment en fléaux d'armes, haches, masses d'armes de plus en plus massives, servant à déformer les armures et à broyer les os situés en-dessous.

    Conjointement l'armement de la piétaille se fait plus long (vouges, halebardes, piques...) afin de tenir les chevaliers à distance, et l'affinement de la discipline militaire les rend redoutables en détachements serrés.

    [b][quote]1453[/quote][/b] Fin du Moyen-Âge.

    Le développement de l'artillerie provoque progressivement la fin des armures dont on ne porte plus que les pièces essentielles, dont la [b]cuirasse[/b] qui se verra considérablement renforcée. Seuls les grands personnages et notamment les princes continueront quelques temps à se faire fabriquer des armures qui ne seront plus alors que des objets de prestige et d'apparat. Pour finir il n'en restera plus que le casque et la cuirasse. Aujourd'hui seuls quelques corps de prestige has-been, comme la [b]Garde Républicaine[/b], perpétuent cette tradition.



    [u]Über-Sources:[/u]

    [url=http://jeanmichel.rouand.free.fr/chateaux/armes/armes.htm]Armes et armures au Moyen Âge[/url]
    [url=http://sites.rapidus.net/gcayouet]Page de Gaétan Cayouette[/url]
    [i]Encyclopédie Médiévale[/i] de Viollet le Duc[/i]
    [i]Histoire et images médiévales[/i] - numéro 7 (bimestriel)

  • EnsembleVideEnsembleVide février 2007

    J'applaudis. C'est complet, drôle, quand même d'actualité puisqu'à la croisée de différents domaines qui se rencontrent à travers l'histoire des armures... complètement geekesque, en fait.

    Le seul truc qui me chagrine, c'est de me dire que Gygax et ses potes on raconté un peu n'importe quoi dans le manuel du joueur de AD&D et/ou que les traducteurs ont mal fait leur boulot, parce que je trouve les noms des vraies armures autrement plus gouleyants que ceux dont j'ai le souvenir. Mais bon, faut dire que tout de suite, sans les +1, on y croit davantage.

  • PtijeremPtijerem février 2007

    [quote][cite] Ø :[/cite]Le seul truc qui me chagrine, c'est de me dire que Gygax et ses potes on raconté un peu n'importe quoi dans le manuel du joueur de AD&D et/ou que les traducteurs ont mal fait leur boulot, parce que je trouve les noms des vraies armures autrement plus gouleyants que ceux dont j'ai le souvenir. Mais bon, faut dire que tout de suite, sans les +1, on y croit davantage.[/quote]


    Je regrette d'ailleurs de ne pas avoir eu le manuel en question sous la main pour en faire une analyse poussée, mais cela dit je rajouterai déjà un erratum:

    au fil de mes nouvelles recherches sur le net j'aperçois plusieurs compagnies de reconstitution médiévale équiper leurs soldats à pieds de gambisons de bataille. Il semblerait donc qu'il ai bel et bien été utilisé comme armure et que je me sois enflammé pour rien à ce sujet.

    Cela dit les chevaliers avaient les moyens de porter un haubert par-dessus et conchiaient les spadassins qui se contentaient pour toute protection d'une tunique matelassée en lin et en chanvre.

  • EnsembleVideEnsembleVide février 2007

    Ouais, ou peut-être qu'ils ont tous trop joué à des trucs impliquant des donjons et des dragons... Faut qu'on recrute un historien, on ne pas laisser ça en suspend comme ça.

  • MescalitoMescalito février 2007

    Il est classieux cet article, bravo!
    Mais bien évidemment, mon passage préféré reste celui des amanites séchées: je ne pensais pas que les vikings en étaient friands eux aussi...
    De nombreuses peuplades l'ont utilisé mais la minutie nécessaire à la préparation culinaire rendait cette pratique (un minimum) marginale, sachant que toute erreur était mortelle.
    Ce que je trouve assez fou vient du parallèle entre cultures guerrières et rituelles: il suffusait de voir les armures d'autrui pour avoir l'idée de les copier en les réadaptant à sa sauce (tartare), mais ce que je ne m'explique pas, c'est comment les vikings ont ils pu connaitre le mode de préparation de l'amanite...
    d'ou 4 thèses:
    1) la culture ritualotoxicoshamanojunky est un fait social, elle préexiste aux individus et s'impose à eux, faisant fi des barrières de langue et de culture
    2) les amanites mettaient des armures matelassées
    3) les guerriers courant nus dans les champs de bataille n'ont certainement pas passés de test anti doping
    4) les heroic fantaisistes sont tous des junky qui s'ignorent (la plupart du temps), les pouvoirs magiques, les dragons, les dames du lac, les nécromanciens,...

  • EnsembleVideEnsembleVide février 2007

    Je pense que la thèse n°4 corrobore entièremement les trois premières.

  • sorkizasorkiza février 2007

    Tient voici quelques liens pour compléter cet article que j'ai trouver des plus sympathique.
    Les armures de basse-cour.
    Les armures de haute-cour.

  • Sacoche1erSacoche1er février 2007

    Bon j'avais précisé pas mal de trucs en privé à Ptijerem, mais il les a sensiblement oublié ^^

    D'abord de l'importance des gambisons, sur toute la période médiévale, non seulement pour éviter de se faire raper menu par son armure, mais aussi pour y pendre des parties de l'armure, telles le plastron, les boucliers de plastron, les jambières, ...

    Ensuite, les armures commencèrent tout de même à être un peu plus épaisses vers la fin du moyen-âge et l'apparition de la poudre, pour se stabiliser à un gros plastron de métal dur à plusieurs épaisseurs à la renaissance, capable de parer une bille de plomb projetée par une bourrée de poudre.

    Y aurait eu une belle conclusion à faire à cet article sur le sempiternel débat: Qui gagnerait du samourai et du chevalier?
    Le chevalier typique est un bon gars bourru avec 19 en force, une grosse barbe et des bras encore plus gros. Il porte une armure complète, un harnois, arnaché de pied en cape à son corps. Il se batttrait très certainement avec un Fléau d'arme, l'arme la plus dévastatrice, efficace, et meutrière inventée lors de la course à l'armement/armures du moyen-âge *.
    Le samouraï typique ne porte pas d'armure du type des imitations vendues sur le lien de Superkenel. Ces armures étaient de cérémonie, d'apparat, ou au mieux qualificatives de la hiérarchie dans le dojo du porteur.
    Le grand art des Samouraï, et le manga nous le rend bien, c'est la vitesse d'exécution et la liberté de mouvement, armé du [i]Daisho[/i], soit une combinaison de deux à trois lames, qu'il dégaine selon une procédure ordonée, l'une après l'autre. Un [i]katana[/i], un [i]wakisashi[/i], et accessoirement un [i]tanto[/i]. Les katana, comme on le sait tous, étaient réputés pour leur tranchant. En effet, à l'inverse des lames lourdes occidentales, les katanas ont pour but d'être maniés avec aisance et légereté, le plus vite possible, en offrant le minimum de résistance à l'air. Et c'est plutôt réussi dans l'ensemble. Il faut relativiser toutes les conneries qu'on nous fait gober dans les japanimes, mais un bon sabre japonnais est effectivement capable de trancher un homme s'il est bien utilisé (cf: à deux mains,et avec technique).
    Bref.
    Entre ces deux là, le combat serait potentiellement éternel. On peut débattre de la qualité du katana ou de l'armement du samouraï, de l'arme et de l'armure du chevalier et de le savoir à cheval ou pas, le résultat reste incertain, cex deux-là ayant développé les exactes contres de leur armes/armures/styles respectifs.

    Enfin toutes ces infos sont magistralement compilées dans la collection Funken, édition médiévale (deux tomes).

    * J'ajoute que malgré l'idée reçue publique, les épées occidentales étaient TRES PEU tranchantes; on peut d'avantage les considérer comme des armes d'estoc, d'où la prolification de types d'armures annelées (cotte de maille), qui se déforment sous le coup plutôt que de ployer (condamant ainsi la malheureuse victime d'un coup de massue à périr ashpyxié par sa propre armure).

  • PtijeremPtijerem février 2007

    [quote][cite] Sacoche1er :[/cite]Bon j'avais précisé pas mal de trucs en privé à Ptijerem, mais il les a sensiblement oublié ^^[/quote]


    Bon, ma grosse sacoche, tu prends une bière et tu te calmes... je n'ai pas oublié. Simplement:

    [quote]D'abord de l'importance des gambisons, sur toute la période médiévale, non seulement pour éviter de se faire raper menu par son armure, mais aussi pour y pendre des parties de l'armure, telles le plastron, les boucliers de plastron, les jambières, ...[/quote]

    Ce passage là tu ne m'en as pas parlé. D'ailleurs si tu relis bien j'explique bien que le gambison sert justement à amortir les coups entre le métal de l'armure et la chair tendre du chevalier qui est en-dessous.

    [quote]Ensuite, les armures commencèrent tout de même à être un peu plus épaisses vers la fin du moyen-âge et l'apparition de la poudre, pour se stabiliser à un gros plastron de métal dur à plusieurs épaisseurs à la renaissance, capable de parer une bille de plomb projetée par une bourrée de poudre.[/quote]

    C'est ce que j'évoque tout à la fin de l'article quand je précise que seuls le plastron et le casque subsistent et qu'ils se verront considérablement renforcer. Simplement mon postulat de départ était de m'intéresser à l'armure [b]DANS[/b] la période du Moyen-Âge.

    [quote]Y aurait eu une belle conclusion à faire à cet article sur le sempiternel débat: Qui gagnerait du samourai et du chevalier?[/quote]

    J'y ai réfléchi, mais j'ai préféré ne pas le faire, car mon article était déjà bien assez long, ça ne cadrait pas forcément avec mon thème de départ et j'ai une très mauvaise connaissance des armes et armures asiatiques. Mais je te remercie des précisions apportées ^_^

    [quote]J'ajoute que malgré l'idée reçue publique, les épées occidentales étaient TRES PEU tranchantes; on peut d'avantage les considérer comme des armes d'estoc, d'où la prolification de types d'armures annelées (cotte de maille), qui se déforment sous le coup plutôt que de ployer (condamant ainsi la malheureuse victime d'un coup de massue à périr ashpyxié par sa propre armure).[/quote]


    Et là je suis désolé, mais c'est toi qui véhicule l'une des nombreuses idées reçues de notre époque sur le Moyen-Âge.

    1 - Le Moyen-Âge dure mille ans. C'est long. Les armes ont changé maintes et maintes fois.

    2 - Jusqu'à la généralisation des cottes de maille les épées étaient bien faites pour taper de taille (et donc couper des bifsteaks).

    3 - Depuis les armures de maille les épées sont devenues de plus en plus pointues en effet afin de pouvoir les percer (une cotte de maille étant mobile, et justement ne se déformant pas sous le choc comme un plastron rigide, résiste très bien aux coups de taille mais les anneaux sont très faciles à percer d'estoc). Mais même alors les épées étaient toujours aiguisées. Certes elles s'émoussaient vite sur le champ de bataille, mais une arme reste une arme et les guerriers les entrentenaient avec amour. Les épées auxquelles tu penses sont peut-être les armes à deux mains du 16eme siècle qui mesuraient entre un mètre cinquante et un mètre quatre-vingts et servaient à tout péter autour d'eux. Mis à part ces armes tardives, une épée à une main pesait dans les un kilo et demi, et une épée à deux mains (un mètre dix ou vingt de long environ) dans les deux kilos et demi. On est loin des poncifs du chevalier portant dix kilos d'acier dans chaque main.

  • PtijeremPtijerem février 2007

    Sinon en parlant de geeks je vais participer à un GN d'ici un mois. Si vous voulez je vous ramènerai des images...


    *Low-Tech-Geeks Not Dead*

  • EnsembleVideEnsembleVide février 2007

    Rah ouais, carrément, et t'as même intérêt à nous pondre un bel article de compte-rendu. Tu seras déguisé en nain ?

  • Sacoche1erSacoche1er février 2007

    Merci de la précision ptijer. En fait moi je fais que rapporter les quelques remarques de mon spécialiste ès médievale hin ^^

    Pour le gambison on avait bien noté d'ailleurs ta description, on y ajoutait juste son utilité en terme de portage, puisqu'il servait aussi à équilibrer le poids de l'armure pas des système de crochets.

    Voila voila.
    Et je prends la bière volontiers, même si je n'étais pas énervé du tout ^^


    Et ouais, comme le dis le pokémon zerotron juste au dessus, t'as plutôt intérêt à nous ramener des photos, et à faire un article. Alors muni toi d'un artefact magique genre appareil photo.

  • PtijeremPtijerem février 2007

    [quote][cite] Sacoche1er :[/cite]Et je prends la bière volontiers, même si je n'étais pas énervé du tout ^^[/quote]


    Je sais bien, je te taquine.








    Pour ce qui est des images je vais essayer mais ça va être chaud. Je ne voudrais pas perdre mon perso au bout d'une heure de jeu pour avoir été accusé de sorcellerie à cause d'un artefact mystérieux composé de matériaux inconnus par la science (de l'époque, qui est pour ce jeu aux alentours du 5ème siècle...).




    * A wiiiiiiiiiiiiitch....!!! Buuuuuuuuurn...! Burn the wiiiiiiiiiiitch...!!!*


    -_-'

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