Le site probablement pas pour toi, qui vient de passer à Vanilla 2 à l'arrache, et qui va mettre un certain temps avant d'être à nouveau opérationnel (ou du moins Über avec un Ü).
Robot Chicken - Ou l'art de faire du neuf avec du vieux
  • [align=center][img]/img/pour-les-yeux-et-les-oreilles.gif[/img][/align]

    [b]Robot Chicken[/b], c’est un peu à la génération 80 ce que la métaphysique est à l’alchimie du moyen âge. Un récapitulatif alambiqué et ordonné qui s’articule autour de tableaux de références qui ne parlent seulement qu’aux initiés.

    Un foutoir inconcevable mais diablement cohérent de références télévisuelles et des cheap icônes sauce piquante qui nous ont forgés, nous, fils de [b]Goldorak[/b] et du [b]Nesquik[/b], neveux des [b]Transformers[/b] et des décalcomanies [b]Malabar[/b], témoins vivants de [b]Jackass[/b] et autres défis au consensus, et acteurs passifs de l’évolution du grunge.


    [align=center][img]http://www.u2pu2r.com/URR/robotchicken/sethgreen.jpg[/img]
    [i]Seth Green[/i][/align]

    [b]Robot Chicken[/b] est une série américaine produite et écrite par [b]Seth Green[/b], le gars là sur la photo, que jusqu’à présent je n’avais vu briller que par ses piètres interprétations de crétins dans des films destinés à un public tout aussi inconsistant. En fouillant un peu, on constate qu’il a rarement participé à des productions valant plus que leur poids en french fries : [b]Beverly Hills 90210[/b], [b]Austin Powers[/b] et [b]Buffy[/b] sont autant de stigmates poinçonnés à son palmarès. Il n’en est pas moins l'un des scénaristes de ce délicieusement outrageant pied de nez à la culture avec un grand K qu’est [b]Robot Chicken[/b]. A ses cotés, on retrouve un quasi illustre inconnu, [b]Matt Senreich[/b], une de ses lointaines connaissances.

    Derrière ce masque de notoriété se cachent les réels instigateurs de la série, [b]Douglas Goldstein[/b] et [b]Tom Root[/b], qui jusqu’alors bossaient pour la maison d’édition [b]Wizard Entertainment[/b], et en particulier pour le magazine d’action-figures et de miniatures [b]ToyFare[/b]. Enfin, les fonds et la distribution sont assurés par [b]Sony Entertainment[/b], qui sont les premiers à avoir décelé l’intérêt commercial de la série en réclamant les 12 premiers épisodes au temps où un simple pilote était censé entrer en production.

    La réalisation a été confiée au studio [b]Williams Streets[/b], une bande de malades voguant entre le talent sybilin de [b]Chris Cunningham[/b] et celui des fous du studio [b]Aardman[/b], plus accessible et coloré. Ces têtes brulées de l’animation se démarquent par une culture indiscutable des lois primordiales en animation et un sens du montage et de la dynamique irréprochable. Sans parler du bon goût de leur [i]bad taste[/i].
    Le tout est diffusé dans l'émission [b]AdultSwim[/b], sur [b]Cartoon Network[/b] (Warner Bros), notamment connue pour diffuser –ou produire et diffuser- de pures petites bombes de l’animation semi-undeground, tels [b]Paranoïa Agent[/b], [b]Samourai Champloo[/b], [b]Futurama[/b], ou [b]Ghost in the Shell Stand Alone Complex[/b].

    Venons-en aux faits.

    [b]Robot Chicken[/b] est une série qui a cartonné dès les premières secondes de sa diffusion. Un bon milliard de références s’entrechoquent dans chacune des mini-séquences qui composent un épisode, souvent sans queue ni tête, dévouées sang pour sang à l’humour noir et à la ridiculisation des personnages iconisés de la culture télé des années 80, aujourd’hui plus célèbres que les grand chefs militaires de l’Histoire. Ils s’attaquent donc à de nouvelles légendes, jeunes, encore relativement dénuées de critiques cyniques, alors que fermement ancrées dans l’inconscient et la culture de tout à chacun. Evidement, ça fonctionne. Du tonnerre de Dieu même.

    Les épisodes s’articulent tous autour de mini scenarii loufoques, fourrés aux personnages néo-mythiques balancés sans la moindre vergogne les uns sur les autres. Se passant de justification, les scénaristes se contentent bien souvent de l’aura de ces héros et anti-héros, qu’ils saupoudrent d’un humour gras simpliste pour habiller les scénettes, et merde, ça fonctionne. On serait même tenté de dire "Evidement que ça fonctionne, par Toutatis ", ou "par le pouvoir du crâne ancestral, j'adore quand un plan se déroule sans accroc". Les épisodes sont bien souvent hilarants. Déjantés et délicieusement crétins.

    En deux saisons, ils y sont tous passés. De [b]Sangoku[/b] à [b]Santa Claus[/b], en passant par [b]Batman[/b], [b]Jayce[/b], [b]Musclor[/b], [b]Starsky et Hutch[/b], [b]Marty Mc Fly[/b], [url=http://therealscandy.free.fr/culte/toy.htm]le savant Fou du jeu de l’époque[/url] (en fin de page), [b]Britney Spears[/b], [b]Scoobidoo[/b], les [b]Lego[/b] évidement, [b]Cobra[/b] (les action figures hein, même si le blond et son canon delta y passeront certainement un jour), [b]Beavis & Butthead[/b], [b]Snoopy[/b], [b]CHIPS[/b], [b]Carmageddon[/b], [b]Alien[/b], [b]Popeye[/b], [b]Inspecteur Gadget[/b], [b]Hellraiser[/b], [b]Le prisonnier[/b], [b]Space Invaders[/b], [b]Donkey Kong[/b], [b]Mario Kart[/b], [b]Mortal Kombat[/b], et j’en passe une foutue chiée.

    Absolument TOUT l’attirail de ce qui a forgé au jour le jour notre culture visuelle y est disséqué et ridiculisé, mais pas avant d’avoir été jeté dans un mixeur démoniaque foudroyant tous les clichés, pour en créer de nouveaux.

    Les principaux sujets abordés, cela va de soit, sont le sexe, la drogue, et la conquête du monde.

    Ca reste introuvable sur le marché français, et le DVD n’est pas encore commercialisé, alors je prends le risque d’en linker quelques extraits ici.
    Les marchés –cought cought- parallèles fourmillent de toutes façons de petits fichiers bittorrents qui n’attendent que vous. Vous pouvez aussi tenter votre chance « not rily liguole » sur Google.

    Quoi qu’il en soit je vous laisse vous délecter de ces quelques extraits évocateurs où plusieurs messieurs que vous ne manquerez pas de reconnaître participent à une version « édulcorée » de [b]Big Brother[/b] où les pubs pour la sécurité routière n’ont qu’à bien se tenir, et où [b]Santa Claus[/b] affronte [b]Sangoku[/b], ce qui ne sera pas sans rappeler de douloureux souvenirs des Beaux-Arts à notre cher administrateur.


    * [url=http://www.u2pu2r.com/URR/robotchicken/uberclub-chickenrobots-119.html]Extrait de l'épisode S1E19[/url]
    * [url=http://www.u2pu2r.com/URR/robotchicken/uberclub-chickenrobots-204.html]Extrait de l'épisode S2E04[/url]
    * [url=http://www.u2pu2r.com/URR/robotchicken/uberclub-chickenrobots-203.html]Extrait de l'épisode S2E03[/url]


    On peut se poser la question du sens et de l’utilité culturelle de ce genre de programme. Mais à l’heure ou les diffuseurs et les décisionnaires des programmes semblent doté de la même immaturité que leur adolescent –au sens strict- de public, serait-ce juste de punir la crétinerie ouverte de ce type de programme en sachant sciemment que leur existence n’est dûe qu’au succès de leur ancêtres ?

    L’hilarité produite par le visionnage de [b]Robot Chicken[/b] n’est en effet pas saine. Elle ne fonctionne que parce qu’elle surenchérit tout en haut d’un jeu de [url=http://www.hasbro.com/jenga/images/jenga_home_prod.jpg]Jenga[/url] qui critique la critique. Sa raison d’être ne serait-elle pas la conséquence d'un cynisme global grandissant et du rejet d’un mode de vie qui a gavé et dégoûté ses dernières générations ? On peut aisément répondre qu’on s’en cogne, et que notre rêve le plus cher est de voir [b]Luigi[/b] se faire mettre à [b]Mario Kart[/b] par [b]l’Agence Tout Risque[/b] qui se fait elle-même coiffer au poteau par [b]Starsky et Hutch[/b].

    Et qu'après tout, si le jeu, au sens traditionnel ou vidéo, prend vie dans la critique, tant mieux, non?

    Quoi qu’il en soit, une conclusion s’impose : Le jeu vidéo, au même titre que le dessin animé, fait entièrement partie de notre structure culturelle, à nous les enfants de la télé, tellement qu’on peut le pointer du doigt comme référent explicite dans nos scénarii, au même titre que [b]Sherlock Holmes[/b], [b]Toto[/b] ou [b]Jules César[/b].


    [align=center][img]http://www.u2pu2r.com/URR/robotchicken/robotchicken02.jpg[/img] [img]http://www.u2pu2r.com/URR/robotchicken/robotchicken01.jpg[/img] [img]http://www.u2pu2r.com/URR/robotchicken/robotchicken03.jpg[/img][/align]

    [url=http://www.wizarduniverse.com/magazine/toyfare/]Wizard entertainment – Toy.Fare[/url]
    [url=http://www.g4tv.com/screensavers/features/51086/Ten_Minutes_with_the_Robot_Chicken_Guys.html]Interview minute de Douglas Goldstein et Tom Root.[/url]
    [url=http://www.adultswim.com/]Site officiel de AdultSwim, qui diffuse Robot Chicken.[/url]

    [i][url=http://www.uberclub.org/comments.php?DiscussionID=76&page=1#Item_0]Commentaires depuis le passage à ÜberClub v2[/url][/i]

Cette discussion a été fermée.
← All Discussions

Bien le bonjour, visiteur.

On dirait que vous êtes quelqu'un d'intéressant. Pour le prouver à la face du monde, cliquez sur l'un des boutons ci-dessous.

Connexion Postuler