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Dan Brown - The Da Vinci Code
  • EnsembleVideEnsembleVide janvier 2006

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    Le [b]Da Vinci Code[/b] est une bouillie si peu consistante qu’elle se boit plutôt qu’elle ne se mange, insipide, mais rehaussée par tant d’exaltation médiatique et de lieux communs culturels que chacun se sent obligé d’y goûter. Notez que l'article suivant en parle avec une certaine liberté pouvant révéler quelques points de l'intrigue, mais que si l'on considère la qualité intrinsèque de ladite intrigue, ce n'est pas si grave.

    Fort d’un succès planétaire, ce n’est pourtant qu’un thriller quelconque, pour ne pas dire mauvais. On ne peut pas dire qu’il soit vraiment mal écrit – même si un autre [b]Dan[/b], [b]Simmons[/b] celui-ci, auteur du superbe cycle d’[b]Hypérion[/b] et d’autres chef-d’œuvres de science fiction, ne se prive pas de faire remarquer la pauvreté de ses techniques narratives, ni les bricolages malhabiles destinés à maintenir le suspense jusqu’au bout.

    Il se lit bien, le [b]Da Vinci Code[/b], soyons honnêtes. Mais il fait partie de ces douteuses mixtures composées de toutes pièces pour plaire au plus large public possible. C’est un ouvrage putassier, qui n’hésite jamais à faire croire au lecteur qu’il est intelligent, lui dispensant des cours d’histoire de l’art avec le bon goût d’un reportage de choc sur [b]TF1[/b].


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    [align=center][i]Le nom de l'auteur est écrit en caractères cuivrés qui brillent.[/i][/align]

    Au final, vous sortirez grandi de cette expérience, puisque vous auront été révélés : la nature et l’emplacement du [b]Saint Graal[/b], le mystère du sourire de la [b]Joconde[/b], la véritable signification de la [b]Cène[/b], l’histoire secrète des [b]Templiers[/b], l’origine artificielle et mensongère de l’église catholique, et la vérité sur la vie sexuelle de [b]Jésus[/b]. Vous apprendrez en outre des choses incroyables, comme le fait que [b]Léonard de Vinci[/b] était un génie, que le nombre d’or se retrouve partout dans la nature, ou encore que la religion chrétienne a des bases profondément misogynes.

    Tout ceci serait fort amusant si les énigmes étaient assez subtiles pour qu’on évite de les élucider vingt pages avant les personnages. Ce n’est malheureusement pas le cas. Par exemple, quand nos héros ne parviennent pas à déchiffrer un alphabet qui leur semble pourtant familier (et à nous aussi…) on espère qu’il n’y aura aucune relation avec le fait que Léonard écrivait parfois à l’envers pour épater les futurs historiens. En se disant que [b]Dan Brown[/b] n’a tout de même pas osé, on place le livre ouvert devant un miroir, et là, c’est le drame.


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    [align=center][i]Dan Brown, c'est lui.[/i][/align]

    Guider le lecteur avec la condescendance déguisée du gentil professeur qui sait tout, voilà le domaine où [b]Dan Brown[/b] excelle. Quiconque a de vagues notions d’histoire et d’art se sent pousser des ailes : ses propres références, pourtant – ou justement – largement galvaudées, sont reprises et développées d’une manière telle qu’il est impossible de ne pas se sentir proche de ces personnages dotés d’une gigantesque culture. L’ennui, c’est que le livre contient quantités de bourdes historiques et théologiques qui, ajoutées à des erreurs stupides telle que celle qui fait partir le Paris-Lille de la gare Saint-Lazare, contribuent à le transformer en un monceau d’inepties.

    Oui mais c’est normal, c’est un roman, ce n’est que de la fiction mon bon monsieur… Certes, mais pas aux yeux des masses décérébrées soudainement prises de passion pour les divers lieux où se déroule l’intrigue. On a ainsi vu émerger un [i]Da Vinci Tour[/i], véritable circuit touristique allant de Paris jusqu’à Edinburgh, passant parfois par Rome - où seul un personnage secondaire met pourtant les pieds.

    [b]Dan Brown[/b] trahit l'histoire avec une nonchalance certes amusante – voire intéressante parfois – en se moquant royalement du crédit que ses lecteurs pourraient accorder à son livre. Et l'ennui, c'est que bon nombre de ceux-ci prennent pour argent comptant ce qui n'est qu'une fiction, notamment parce que l'auteur n'a pas daigné respecter les normes du roman historique. Mais bon, vu le nombre astronomique d'exemplaires vendus, on ne peut pas dire que ce genre d'ambiguïté ne soit pas payant.


    [align=center][img]http://leonardodavinci.stanford.edu/submissions/clabaugh/images/vm/leonardo.jpg[/img][/align]
    [align=center][i]Ceci est bien davantage que le logo d'une agence d'interim.[/i][/align]

    On passera rapidement sur le puritanisme assez risible de l’ensemble. Ainsi, l’héroïne, témoin d’un acte qu’on nous présente comme horrible, traîne un lourd traumatisme tout au long du livre. Elle refuse de parler à son grand-père depuis des années parce qu’à son insu, elle l’a vu participer à une cérémonie durant laquelle il… couchait avec une femme.

    On passera également sur la subtilité des rebondissements. L’héroïne – toujours elle – comprend soudain qu’elle est la descendante de Jésus. La ficelle semble énorme, mais heureusement, un autre personnage démontre que c’est impossible, car le nom de famille ne correspond pas. Durant les pages suivantes, on se dit que finalement, [b]Dan Brown[/b] est aussi capable d’éviter certains clichés. Mais non, il s’avère plus tard que la famille avait changé de nom, et que cette chère cryptographe est réellement issue de la lignée de notre barbu préféré…


    [align=center][img]http://www.cinemovies.fr/images/data/photos/G32151975550770.jpg[/img][/align]
    [align=center][i]Espérons que le film sera plus réussi que le décor.[/i][/align]

    Evidemment, un film est en préparation. Avec [b]Tom Hanks[/b] dans le rôle de Robert Langdon, le héros, [b]Audrey Tautou[/b] dans celui de Sophie Neveu, l’héroïne, et [b]Jean Reno[/b] dans celui de Bézu Fache – notez le nom typique du chef de la police française – il va sans dire que même s’il s’agit d’un navrant nanar pseudo ésotérique, le succès sera au rendez-vous. Bizarrement, un jeu vidéo est également prévu chez [b]2K[/b]. [b]Charles Cecil[/b], qui est tout de même à l’origine de la série des [b]Broken Sword[/b], participe au projet, ce qui nous vaudra peut-être un jeu plus intéressant que le livre – ou que le film.

    En résumé, si vous souhaitez comprendre la recette d’un bien nommé « best-seller », lisez le [b]Da Vinci Code[/b]. En anglais si possible, histoire de cultiver un peu – pas trop non plus – votre vocabulaire. Mais ne l’achetez pas. Pour entretenir des discussions hautement intellectuelles avec vos amis, essayez plutôt [b]Umberto Ecco[/b], vous serez un peu plus crédible.


    [url=http://www.danbrown.com/novels/davinci_code/reviews.html]Le site de Dan Brown.[/url]
    [url=http://biblio.domuni.org/articleshum/davincicode/]Une étude plutôt intéréssante[/url], même si le point de vue non laïque de l'auteur ressort clairement parfois.

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